(Bruxelles) Les pays signataires de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien sont convenus d’une réunion de conciliation avec Téhéran « en février » afin de préserver l’accord malgré le retrait des États-Unis, a annoncé vendredi le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell.

Agence France-Presse

« La prochaine réunion de la commission mixte aura lieu en février », a indiqué sans plus de précisions M. Borrell, une semaine après la décision des pays européens signataires (Allemagne, France et Royaume-Uni) de lancer une procédure contre Téhéran pour violation de ses engagements. Les autres signataires sont la Chine et la Russie.

Josep Borrell n’a pas précisé la date ni le lieu de cette rencontre, qui se tiendra au niveau des experts. Mais les précédentes réunions se sont tenues à Vienne. Les deux autres villes prévues par l’accord pour réunir la commission sont New York et Genève.

« Tous les participants au JCPOA (acronyme en anglais du Plan d’action global commun) ont réaffirmé leur détermination à préserver l’accord, ce qui est dans l’intérêt de tous », a-t-il souligné.

« Nonobstant les différences sur les modalités, il y a accord sur le fait que plus de temps est nécessaire en raison de la complexité des questions en jeu », a-t-il précisé.

« Le calendrier est donc prolongé. Tous sont convenus de poursuivre les discussions au niveau des experts pour répondre aux préoccupations concernant la mise en œuvre de l’accord nucléaire, ainsi que les répercussions plus larges du retrait des États-Unis du JCPOA et de la réimposition de sanctions, que tous les participants au JCPOA ont regrettées », a-t-il conclu.

Josep Borrell a rencontré le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif à New Delhi le 16 janvier. Il a pressé l’Iran de préserver l’accord nucléaire et de revenir sur les violations de ses engagements.

« Le but du mécanisme de règlement des différends n’est pas de réimposer des sanctions, mais de résoudre les questions liées à la mise en œuvre de l’accord dans le cadre de la commission mixte », qui est l’instance d’arbitrage, a insisté le chef de la diplomatie de l’UE.

Josep Borrell a jugé « impossible » de remplacer cet accord.

L’accord de 2015 vise à empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Il a été conclu entre l’Iran et les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Russie et la Chine. Ce texte, qui met le programme nucléaire iranien sous le boisseau en échange d’une levée des sanctions, est formellement resté en place malgré le retrait en 2018 des États-Unis, mais se détricote depuis.

Les États-Unis ont rétabli des sanctions contre l’Iran. En réponse, Téhéran s’est peu à peu affranchi de ses obligations.