(Jérusalem) Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et son rival politique Benny Gantz se rendront la semaine prochaine à Washington afin de discuter du futur projet de paix américain pour le Proche-Orient, déjà jugé mort-né par les Palestiniens.

Claire GOUNON
Agence France-Presse

« Le président (américain Donald) Trump m’a demandé d’inviter le premier ministre Benyamin Nétanyahou à la Maison-Blanche la semaine prochaine pour discuter des enjeux régionaux et de la perspective d’une paix en Terre sainte », a déclaré jeudi le vice-président américain Mike Pence, de passage à Jérusalem pour les commémorations de la libération du camp nazi d’Auschwitz il y a 75 ans.

Après s’être rendu au Mur des Lamentations avec M. Nétanyahou, Mike Pence s’est exprimé lors d’un point de presse avec le premier ministre israélien à l’ambassade américaine de Jérusalem – ville contestée que les États-Unis considèrent désormais comme la capitale d’Israël.

PHOTO AHMAD GHARABLI, AFP

Le général à la retraite et politicien israélien Benny Gantz.

Après de nombreux reports, le plan de paix voulu par Donald Trump pour mettre fin au conflit israélo-palestinien était attendu à l’automne 2019, après les élections israéliennes de septembre.

Mais ce scrutin, qui a opposé Benyamin Nétanyahou à l’ancien chef de l’armée Benny Gantz, n’a pas débouché, comme lors des élections précédentes d’avril, sur la formation d’un gouvernement, d’où la tenue de nouvelles législatives le 2 mars.

Les États-Unis n’ont pas attendu ce nouveau duel entre MM. Nétanyahou et Gantz pour inviter les deux leaders politiques.

« Les États-Unis sont impatients d’accueillir le premier ministre Nétanyahou et le leader du parti Bleu-Blanc Benny Gantz à la Maison-Blanche la semaine prochaine », a tweeté le président américain, précisant que les allégations sur les détails de son plan de paix étaient à ce stade purement « spéculatives ».

« Nous n’avons pas de meilleur ami que le président Trump », a réagi M. Nétanyahou. « Avec tant d’amis à la Maison-Blanche, nous devrions arriver à un consensus le plus large possible, afin d’assurer la sécurité et la paix d’Israël », a-t-il ajouté.

La Maison-Blanche a affirmé que Benyamin Nétanyahou se rendrait à Washington mardi, jour où, par ailleurs, les députés israéliens doivent commencer à discuter de la demande d’immunité du chef du gouvernement, inculpé pour « corruption » dans trois affaires, soulignait jeudi soir la presse israélienne.

Benny Gantz « a également accepté l’invitation du président », selon la Maison-Blanche qui n’a pas précisé si sa visite interviendrait le même jour.

Rejet palestinien

L’Autorité palestinienne a réitéré jeudi son rejet du projet de paix de Donald Trump, mettant en avant le fait que l’actuel locataire de la Maison-Blanche a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l’État auquel ils aspirent, mais Israël considère Jérusalem comme sa capitale « unifiée et indivisible ».

L’Autorité palestinienne a dénoncé l’expansion des colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens et leur occupation par l’armée israélienne.  

La colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est annexée s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais elle s’est accélérée ces dernières années sous l’impulsion du premier ministre Nétanyahou et de son allié à Washington, Donald Trump.

« “L’accord du siècle” que le président Trump pourrait annoncer est déjà mort », a déclaré le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas à l’issue d’une rencontre de ce dernier avec le président russe Vladimir Poutine, aussi de passage en Terre sainte pour les commémorations au mémorial de la Shoah à Jérusalem.

« Nous rejetons absolument ce que l’administration Trump a réalisé jusqu’à présent […] Notre position est claire : Israël doit mettre fin à l’occupation des terres palestiniennes en vigueur depuis 1967 », a ajouté Nabil Abou Roudeina.

Le veille, le président Abbas avait souligné « l’importance du rôle français et européen pour sauver le processus politique » lors d’une rencontre avec le président français Emmanuel Macron qui s’est rendu à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne.

« Quelque processus de paix que ce soit n’est possible que si les parties en présence veulent bâtir la paix, alors la France aidera et dans le rôle qui doit être le sien et sera le sien », a affirmé M. Macron cette semaine à Jérusalem.