(Ghazni) Au moins 15 enfants ont été tués et 20 personnes blessées vendredi dans une explosion survenue à proximité d’un rassemblement religieux dans la province de Ghazni, dans l’est de l’Afghanistan, a-t-on appris de sources administrative et policière.

Agence France-Presse

Les enfants et adultes s’étaient réunis dans une maison pour assister à une lecture du Coran, une activité habituelle en ce jour saint du vendredi pour les musulmans, dans le district de Gilan, à environ 120 km de Ghazni, la capitale de la province.

Des explosifs chargés sur une moto ont détoné près de l’habitation et « 15 enfants ont été tués », a déclaré Waheedullah Jumazada, porte-parole du gouverneur de la province.

Les talibans accusés

Ce bilan a été confirmé par Ahmad Khan Seerat, porte-parole de la police provinciale, qui a accusé les talibans d’être à l’origine de l’explosion. Vingt autres personnes, dont des enfants, ont été blessées, selon ces deux sources.

Selon M. Jumazada, la zone où a eu lieu l’explosion est sous le contrôle des talibans.

Les talibans et l’armée afghane s’affrontent régulièrement dans la province de Ghazni. Fin novembre, au moins 30 soldats y avaient été tués dans un attentat-suicide à la voiture piégée contre une de leurs bases.

L’Afghanistan est en proie à une recrudescence des violences, les talibans ayant mené ces dernières semaines des attaques quasi quotidiennes contre les forces gouvernementales, principalement dans les zones rurales, malgré les pourparlers de paix en cours depuis septembre à Doha entre les deux camps.

Ces négociations ont été suspendues jusqu’au 5 janvier. Les deux parties doivent encore s’accorder sur l’agenda des discussions.

En vertu d’un accord séparé avec les talibans conclu en février à Doha, les États-Unis ont accepté de retirer toutes leurs troupes d’Afghanistan d’ici mai 2021 en échange de garanties en matière de sécurité et d’un engagement des insurgés à discuter avec Kaboul.

La société civile ciblée

Les meurtres ciblés visant des personnalités — journalistes, hommes politiques ou religieux, défenseurs des droits de l’homme — ont aussi augmenté ces derniers mois.

Ces attaques et meurtres ne sont presque jamais revendiqués, mais le gouvernement afghan accuse les talibans d’en être à l’origine et de chercher à peser ainsi sur les négociations.  

Ces derniers mois, la capitale a aussi été le théâtre de plusieurs attaques sanglantes, dont celles contre l’université de Kaboul et un autre centre éducatif, revendiquées par le groupe État islamique, et qui ont fait au total plusieurs dizaines de morts.

Entre janvier et septembre 2020, plus de 2100 civils ont été tués et plus de 3800 blessés en Afghanistan, selon la mission d’assistance des Nations unies dans le pays.

Des négociateurs talibans étaient vendredi au Pakistan pour y rencontrer le premier ministre Imran Khan, qui a plaidé pour une réduction de la violence et un cessez-le-feu.