(Kaboul) Au moins huit personnes ont été tuées samedi par des roquettes qui se sont abattues sur le centre de Kaboul, près de la Zone verte où se trouvent ambassades et compagnies internationales, ont annoncé des sources gouvernementales.

Mushtaq MOJADDIDI
Agence France-Presse

Le groupe État Islamique a revendiqué l’attaque, qui a également fait 31 blessés, selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur Tariq Arian.

« Vers 8 h 40, les terroristes ont tiré 23 roquettes sur la ville de Kaboul. Selon les informations initiales, huit personnes ont été tuées », a déclaré M. Arian.  

PHOTO OMAR SOBHANI, REUTERS

Le porte-parole de la police de la capitale afghane, Ferdaws Faramarz, a confirmé ces détails et ce bilan.

Les explosions se sont produites dans des zones densément peuplées, notamment à proximité de la Zone verte centrale et dans un quartier du nord.  

L’une des roquettes a également atterri sur le centre médical Sana, un hôpital de Kaboul.

Les « soldats du Califat »

« Le choc a brisé des fenêtres et tables, et endommagé le mur. J’ai appelé au secours […] pour évacuer les enfants qui se trouvaient dans l’hôpital », a raconté à l’AFP Mariam Rahimi, 26 ans, une infirmière présente au moment de l’explosion.  

« J’ai été propulsée contre le mur par le choc. J’ai encore peur et mal à la tête », a-t-elle ajouté.  

L’ambassade d'Iran a annoncé sur Twitter que son bâtiment principal avait été endommagé, mais qu’aucun de ses employés n’avait été blessé.

Un projectile a atterri à l’intérieur de la Zone verte — un quartier fortifié — mais n’a pas explosé.

Dans un communiqué diffusé sur ses chaînes Telegram, l’EI a déclaré qu’avec « 28 roquettes Katioucha », les « soldats du Califat ont pris pour cible la Zone verte […] où se trouvent le bâtiment de la présidence afghane, les ambassades des pays croisés, et les sièges des forces afghanes ».

Le groupe djihadiste a déjà revendiqué deux des attaques les plus sanglantes de ces derniers mois, l’une contre l’Université de Kaboul début novembre et l’autre contre un centre éducatif en octobre, qui ont en tout fait près de 50 morts.

« Rien à voir »

Mais des responsables du gouvernement afghan ont à chaque fois accusé les talibans ou leurs alliés d’en être responsables, et ont fait de même pour l’attaque de samedi.

« Nous ne tirons pas à l’aveugle sur des lieux publics », a réagi Zabihullah Mujahid, porte-parole des insurgés, insistant que l’attaque n’avait « rien à voir » avec le groupe.

Ross Wilson, le chargé d’affaires américain à Kaboul, a quant à lui condamné l’attaque sur Twitter.

« Les États-Unis vont continuer à travailler avec nos partenaires afghans pour éviter ce type d’attaques », a-t-il écrit.  

Le ministère de l’Intérieur a par ailleurs déclaré que deux explosions avaient été signalées plus tôt samedi matin, tuant un policier et en blessant trois autres.

L’attaque est survenue avant les rencontres prévues samedi à Doha, capitale du Qatar, entre le secrétaire d’État américain Mike Pompeo et les négociateurs des talibans et du gouvernement afghan, qu’il a vu séparément.