(Kaboul) La décision des États-Unis de retirer environ 2000 soldats d’Afghanistan d’ici le 15 janvier est une « bonne avancée » qui aidera à mettre fin à la guerre dans le pays, ont estimé mercredi les talibans.

Agence France-Presse

« C’est une bonne avancée et c’est dans l’intérêt des peuples » afghan et américain, a déclaré à l’AFP Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans. « Le plus tôt les troupes étrangères s’en iront, le plus vite la guerre finira », a-t-il insisté.

Le Pentagone a annoncé mardi que les États-Unis vont réduire le nombre de leurs troupes en Afghanistan à 2500 en janvier 2021, le plus faible contingent américain en deux décennies de guerre.

Cette décision reflète le souhait du président américain, Donald Trump, de « mettre fin avec succès et responsabilité aux guerres en Afghanistan et en Irak », d’où 500 soldats supplémentaires seront également retirés pour n’en laisser plus que 2500, a indiqué le nouveau ministre américain de la Défense par intérim, Christopher Miller.

Mais l’annonce suscite la crainte, aux États-Unis et dans le monde, d’une résurgence des groupes extrémistes, près de 20 ans après les attentats du 11 septembre 2001 fomentés par Al-Qaïda alors sous la protection des talibans afghans.  

Un accord signé en février à Doha entre Washington et les insurgés avait entériné le retrait des forces américaines d’ici mai 2021. En échange, les talibans se sont engagés notamment à ne pas attaquer les forces américaines et à empêcher les groupes tels qu’Al-Qaïda et l’État islamique d’opérer en Afghanistan.

L’accord a mené à l’ouverture en septembre à Doha de pourparlers de paix entre les talibans et le gouvernement afghan, mais ces négociations semblent aujourd’hui au point mort.

Selon Rahmatullah Andar, le porte-parole du Conseil national de sécurité, un organe gouvernemental afghan, le départ des soldats américains n’empêchera pas les troupes afghanes de faire leur travail.

« Les forces de sécurité afghanes mènent déjà seules 96 % des opérations et sont prêtes à continuer de défendre le pays contre les ennemis », a-t-il déclaré.

Depuis la signature de l’accord de Doha, le Pentagone a déjà évacué plusieurs bases militaires à travers le pays et rapatrié des milliers de soldats.