(Téhéran) L’Iran a rejeté samedi les informations concernant l’assassinat à Téhéran du numéro 2 d’Al-Qaïda par des agents israéliens, affirmant qu’il s’agissait d’une « information fabriquée », et a nié la présence sur son sol de membres du groupe djihadiste.

Agence France-Presse

Le quotidien américain New York Times a rapporté vendredi qu’Abdullah Ahmed Abdullah, inculpé par un grand jury fédéral américain pour son rôle dans les attentats à la bombe contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie en 1998, qui ont fait 224 morts et plus de 5000 blessés, avait été abattu par des agents israéliens à moto, lors d’une mission secrète pour le compte de Washington.

Ce haut responsable d’Al-Qaïda, se faisant appeler au combat Abou Mohammed al-Masri, a été abattu de même que sa fille Miriam qui l’accompagnait. Elle était la veuve d’un des fils d’Oussama ben Laden, le chef d’Al-Qaïda dans les années 90, selon le New York Times.  

L’assassinat est survenu le 7 août, jour de l’anniversaire des attentats contre les ambassades des États-Unis dans les deux pays d’Afrique.

Les ennemis de l’Iran, les États-Unis et Israël, « essaient de rejeter la responsabilité des actes criminels d’Al-Qaïda et d’autres groupes terroristes dans la région et lient l’Iran à ces groupes par des mensonges et des fuites d’informations fabriquées de toutes pièces aux médias », a réagi samedi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, dans un communiqué.

Les États-Unis et « ses alliés dans la région » ont créé Al-Qaïda par leurs « mauvaises politiques », a ajouté M. Khatibzadeh, conseillant aux médias américains de « ne pas tomber dans le piège des scénarios hollywoodiens des responsables américains et sionistes ».

Des responsables des services de renseignement américains ont déclaré au New York Times qu’Abdullah Ahmed Abdullah était « détenu » par l’Iran depuis 2003, mais qu’il vivait librement au moins depuis 2015 dans un quartier d’une banlieue chic de Téhéran.

Le jour de sa mort, il conduisait une berline Renault L90 blanche avec sa fille près de chez lui lorsque deux hommes armés à moto leur ont tiré dessus à cinq reprises avec un pistolet équipé d’un silencieux, rapporte le quotidien américain.

10 millions de dollars

L’agence de presse officielle iranienne Irna et l’agence de presse Mehr avaient alors rapporté un incident similaire et identifié les victimes comme étant Habib Dawoud, un professeur d’histoire libanais de 58 ans, et sa fille Maryam, 27 ans, sans donner plus de détails.

« L’individu à moto a tiré depuis le trottoir et pris la fuite », et des enquêtes de police sont en cours, avaient alors ajouté les deux agences. Aucune nouvelle n’a été rapportée depuis.

Les autorités fédérales américaines avaient offert une récompense de 10 millions de dollars pour toute information menant à la capture d’Abdullah Ahmed Abdullah.  

Ce dernier était « le planificateur opérationnel le plus expérimenté et le plus compétent qui ne soit pas détenu par les États-Unis ou leurs alliés », selon un document hautement classifié fourni par le Centre national antiterroriste américain en 2008, d’après le New York Times.

Washington a accusé Téhéran d’abriter des membres d’Al-Qaïda – groupe classé dans la liste des organisations terroristes des Nations unies – et de leur permettre de passer par son territoire en 2016, ce que des responsables iraniens ont nié à l’époque.

« Même si l’Amérique n’a pas hésité à se livrer à de fausses accusations contre l’Iran par le passé, cette approche est devenue une routine dans l’administration américaine actuelle », a poursuivi M. Khatibzadeh.

Il a accusé l’administration du président sortant, Donald Trump, de poursuivre un programme « iranophobe » dans le cadre de sa guerre « économique, du renseignement et psychologique » contre Téhéran.

« Les médias ne devraient pas amplifier la publication des mensonges de la Maison-Blanche contre l’Iran », a-t-il encore dit.

Depuis qu’elle a abandonné unilatéralement en 2018 un accord nucléaire historique entre l’Iran et les grandes puissances, l’administration Trump a réimposé des sanctions économiques douloureuses contre la République islamique dans le cadre d’une politique de « pression maximale ».