(La Haye) L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé vendredi n’avoir pu établir si des armes chimiques ont été utilisées dans une attaque à Alep en novembre 2018, conduite selon Damas par des « groupes de l’opposition ».

Agence France-Presse

Damas avait officiellement demandé à l’OIAC, qui siège à La Haye, d’ouvrir une enquête sur l’incident qui avait provoqué une centaine de cas de suffocation et entraîné en représailles des raids de l’allié russe.

Les autorités syriennes ont accusé des « groupes terroristes » — une terminologie habituelle du régime qui ne fait pas de distinction entre djihadistes et rebelles — d’avoir visé Alep, ville syrienne aux mains des forces du régime.

« Les informations obtenues et analysées, le résumé synthétique des entretiens et les résultats des analyses de laboratoire n’ont pas permis à la FFM [équipe d’enquête] d’établir si des produits chimiques ont été utilisés ou non comme arme lors de l’incident » survenu le 24 novembre 2018, a déclaré l’OIAC dans un communiqué.

Dans son rapport, l’OIAC indique que les symptômes présentés par les victimes présumées « peuvent avoir été causés par une exposition à un type de substance non rémanente qui a produit une irritation des voies respiratoires légère à modérée ».

Les témoignages n’ont cependant pas permis de déterminer d’où provenait la substance, et des fragments métalliques fournis par le gouvernement syrien « n’ont pas pu être reliés à l’incident », a ajouté l’OIAC.

Une importante coalition de rebelles avait démenti toute implication dans l’attaque perpétrée à Alep, les autorités syriennes et leur allié russe évoquant un possible recours au chlore.

Washington avait à son tour accusé Damas et Moscou d’avoir voulu « saper » un cessez-le-feu fragile dans la province rebelle d’Idlib en Syrie, en propageant la thèse d’une attaque chimique.

Selon les États-Unis, le régime syrien a utilisé des gaz lacrymogènes à l’encontre de civils pour faire croire à l’idée d’une attaque au chlore menée par les rebelles.

Dans un rapport distinct publié également vendredi, l’OIAC a déclaré qu’elle n’avait pas pu établir si des armes chimiques avaient été utilisées dans une attaque au chlore présumée à Saraqeb, une ville à 50 kilomètres au sud d’Alep, en août 2016.

La publication des rapports intervient quelques jours après un discours de la Russie devant les Nations Unies à New York remettant en cause les enquêtes de l’OIAC en Syrie.