(Damas) Le gouvernement syrien a fustigé samedi l’annonce par les Pays-Bas de leur décision de tenir Damas pour responsable de crimes contre sa propre population, notamment de « torture », et de le poursuivre par le biais éventuel d’une cour internationale.

Agence France-Presse

« Le gouvernement néerlandais […] est déterminé à utiliser la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye pour servir les programmes politiques de son maître américain », a déclaré une source au ministère syrien des Affaires étrangères, citée par l’agence officielle Sana.  

Cette même source syrienne a accusé les Pays-Bas d’être « en violation flagrante de ses obligations et engagements en tant qu’État siège de cette organisation internationale », sans expliciter la teneur exacte des violations dénoncées.  

« Il y a largement assez de preuves qui montrent que le régime syrien s’est rendu coupable à grande échelle de violations des droits humains, et notamment de torture », a déclaré vendredi le premier ministre néerlandais Mark Rutte.

Les Pays-Bas invoquent la Convention des Nations Unies contre la torture et accusent Damas de meurtres et d’utilisation d’armes chimiques contre sa propre population, une affaire susceptible d’être soumise devant la plus haute juridiction de l’ONU.

Une « note diplomatique » a été envoyée à Damas demandant au régime de mettre fin aux actes de « torture » et d’entamer des négociations entre les deux pays.

« Si aucun accord ne peut être conclu sur cette question, les Pays-Bas soumettront l’affaire devant un tribunal international », a déclaré le ministre néerlandais des Affaires étrangères Stef Blok dans un communiqué.

Une tentative de renvoi de la situation en Syrie devant la Cour pénale internationale (CPI) a précédemment été bloquée par véto au Conseil de sécurité de l’ONU.

Ces dernières années, Damas a reconquis une grande partie du territoire syrien aux rebelles et aux djihadistes avec le soutien de la Russie et de l’Iran.  

Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, les États-Unis et l’Union européenne ont imposé des sanctions économiques contre le régime syrien et des entités qui lui sont liées.  

Le conflit, déclenché par la répression brutale des manifestations prodémocratie, a tué plus de 380 000 personnes et déplacé des millions de personnes dans le pays et à l’étranger.