(Gaza) L’armée israélienne et le Hamas ont échangé des tirs tard mardi soir en dépit des efforts de l’Égypte pour mettre fin à plus de dix jours de ping-pong militaire dans et autour de la bande de Gaza.

Agence France-Presse

Mardi, des ballons incendiaires et une roquette ont été tirés depuis l’enclave palestinienne vers Israël, qui a répliqué peu avant minuit par des frappes de « jets de combats » et « d’autres avions », ce qui pourrait signifier des drones, sur des « cibles du Hamas » dans la bande de Gaza, a indiqué l’armée dans un communiqué.  

Des sources sécuritaires et des témoins dans la bande de Gaza, territoire palestinien de deux millions d’habitants dont la moitié vivent sous le seuil de pauvreté selon la Banque Mondiale, ont confirmé ces frappes israéliennes sans faire état de victimes.  

« Le Hamas joue avec le feu et je vais faire en sorte que ça se retourne contre eux », avait déclaré plus tôt en journée le ministre israélien de la Défense Benny Gantz, ajoutant que l’armée israélienne restait en « état d’alerte ».

Depuis douze jours, dans la foulée de lancers de ballons incendiaires depuis Gaza, qui ont causé plus d’une centaine d’incendies en territoire israélien, et de tirs de roquettes, l’État hébreu a répondu par des frappes et par un resserrement du blocus.

Et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a affirmé à des responsables municipaux de localités situées autour de la bande de Gaza que « chaque incendie serait considéré comme un tir de roquette ».

Israël a interdit aux pêcheurs gazaouis de sortir en mer et a fermé le seul point de passage des marchandises entre Gaza et Israël, empêchant les livraisons de carburant, ce qui a contribué mardi à la « fermeture complète » de la seule centrale électrique la bande de Gaza selon les autorités locales.

Cette fermeture pourrait limiter l’alimentation électrique à environ quatre heures par jour, car l’enclave reste en partie approvisionnée par Israël.

Médiation égyptienne

Le Hamas et Israël, qui se sont déjà livré trois guerres, s’affrontent encore sporadiquement malgré une trêve conclue en 2019 – favorisée par l’ONU, l’Égypte et le Qatar –, prévoyant notamment une aide financière mensuelle d’environ 30 millions de dollars du Qatar, versée à Gaza via Israël.

Les échanges de tirs de mardi se sont d’ailleurs produits alors qu’une délégation égyptienne mène une médiation entre Palestiniens et Israéliens. 

La délégation égyptienne, arrivée lundi, a mené des discussions à Gaza, mais aussi avec des responsables en Israël et à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas en Cisjordanie occupée, a indiqué à l’AFP une source du Hamas.

Des roquettes ont été tirées ces derniers mois depuis Gaza pour pousser Israël à accélérer ce versement et, plus généralement, pour tenter de lever le blocus drastique instauré depuis plus d’une décennie.

La trêve prévoyait aussi le financement de projets de développement dans l’enclave palestinienne où le taux de chômage avoisine les 65 % chez les jeunes. Or c’est sur ces autres « enjeux que ça bloque », résume un observateur pour expliquer la recrudescence des tensions.