(Téhéran) Le guide suprême iranien a qualifié dimanche de « vraiment tragique » la résurgence de la pandémie de COVID-19 en Iran et a appelé le pays entier à respecter les consignes sanitaires afin d’endiguer la progression de la maladie.

Agence France-Presse

La République islamique, qui avait annoncé les premiers cas de contamination en février sur son sol, est de loin le pays le plus touché par la pandémie de nouveau coronavirus au Proche et Moyen-Orient.

« Que chacun joue son rôle de la meilleure façon pour rompre la chaîne de transmission à court terme et sauver le pays », a déclaré l’ayatollah Ali Khamenei lors d’une rencontre en visioconférence avec les députés, selon des éléments de son discours transmis par son bureau.

Il s’agit du premier discours du guide devant les députés du nouveau Parlement, entré en fonction fin mai, dominé par les conservateurs et ultraconservateurs et issu des législatives de février.

Selon son site officiel, M. Khamenei a salué le corps du personnel soignant pour « ses sacrifices » et a critiqué « certaines personnes [qui] ne s’acquittent même pas d’une chose aussi simple que le port du masque » pour empêcher la propagation du virus, disant ressentir de la « honte » face à un tel comportement.

Les propos de M. Khamenei surviennent alors que l’épidémie de COVID-19 semble de nouveau progresser depuis le début du mois de mai en Iran.

Selon des chiffres officiels transmis dimanche, 194 décès supplémentaires provoqués par la maladie et 2186 nouveaux cas de contamination ont été recensés au cours des dernières 24 heures.

Le ministère de la Santé avait annoncé jeudi un nouveau record de mortalité, avec 221 morts du virus en une journée.

Au total, 257 303 cas d’infection ont été enregistrés dans le pays, dont 12 829 décès, a déclaré dimanche Sima Sadat Lari, porte-parole du ministère de la Santé, lors d’un point de presse télévisé.

« Rassemblements nuisibles »

Pour lutter contre la propagation de l’épidémie, les autorités ont d’abord annulé tout rassemblement et fermé écoles et commerces non essentiels en mars, avant de lever progressivement les restrictions à partir d’avril, pour tenter de ranimer l’économie du pays, étouffée par les sanctions américaines.

Samedi, le président Hassan Rohani a insisté sur le fait que certaines restrictions étaient toujours en place comme l’interdiction des rassemblements privés ou publics.  

« Les rassemblements, les regroupements, qu’il s’agisse de funérailles, de mariages, de fêtes, de séminaires ou de festivals, sont tous nuisibles » pour la santé publique, a déclaré M. Rohani, alors que les autorités ont dit plusieurs fois constater une nette propagation de la maladie dans des zones où ces interdictions avaient été bravées.

Dimanche, l’ayatollah Khamenei a rappelé aux députés que « le Parlement a le droit d’interroger […], mais il ne lui est pas permis d’insulter ou calomnier les responsables du gouvernement. »

Cette mise au point intervient après une séance du Parlement chahutée, le 5 juillet, où des députés ont interrompu à plusieurs reprises le chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif.

PHOTO FOURNIE PAR LA PRÉSIDENCE VIA AFP

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif

Plusieurs députés avaient traité de « menteur » M. Zarif, qui a conclu en 2015 à Vienne un accord international sur le nucléaire iranien, dénoncé unilatéralement en 2018 par le président américain Donald Trump et honni par les ultraconservateurs iraniens.