(Téhéran) L’Iran a annoncé mardi la mort de 54 personnes supplémentaires infectées par le nouveau coronavirus, le plus lourd bilan en une journée depuis le début de l’épidémie dans ce pays, l’un des plus touchés au monde.

Agence France-Presse

Ce nouveau bilan porte à 291 le nombre de personnes tuées par le COVID-19 en République islamique, selon le porte-parole du ministère de la Santé, Kianouche Jahanpour, lors d’une conférence télévisée.

8000 cas confirmés

Il a ajouté que 881 nouveaux cas avaient été confirmés, ce qui porte le total des infections à 8042.

Mais « 2731 personnes se sont rétablies et ils ont pu quitter les hôpitaux », a précisé ce porte-parole.

L’épidémie en Iran est l’une des plus meurtrières en dehors de la Chine, d’où la maladie est originaire, et l’Italie.

Avec 2114 cas, la capitale Téhéran reste la province la plus touchée. La province septentrionale de Mazandaran, un lieu de villégiature sur la mer Caspienne, a grimpé à la deuxième place avec 253 nouveaux cas, soit un total de 886. Elle est suivie par Qom (751), ville au sud de Téhéran où les premiers cas avaient été signalés le mois dernier.

« Comme nous l’avons dit ces derniers jours, Mazandaran a presque atteint le haut du tableau » en termes d’infections, a déclaré Jahanpour.

« Nos avertissements contre le voyage à Mazandaran peuvent être plus compréhensibles aujourd’hui », a-t-il souligné.

En Iran, plusieurs politiciens et responsables gouvernementaux, ainsi que du personnel hospitalier ont été tués par le virus.

« Martyrs »

Mardi, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a accepté à la suite d’une suggestion du ministre de la Santé de considérer comme « martyr » le personnel hospitalier décédé après avoir contracté le virus, a indiqué l’agence officielle IRNA.

Dans la République islamique, les familles de ces martyrs désignés reçoivent généralement une aide financière et d’autres avantages de l’État.

Les autorités iraniennes ont multiplié ces derniers jours les appels à la population, invitant à s’abstenir de voyager notamment à l’occasion de la nouvelle année iranienne le 20 mars.

Les autorités de plusieurs provinces ont également pris des arrêtés de fermeture des hôtels et autres lieux d’hébergement touristiques afin de dissuader la population de voyager.

Le guide suprême a par ailleurs annulé le discours qu’il tient chaque année à Machhad (au nord-est de l’Iran) pour le Nouvel An persan, à cause du nouveau coronavirus, a annoncé lundi son bureau.

Outre les décès directs de l’épidémie, 44 personnes sont mortes ces derniers jours, intoxiquées après avoir bu de l’alcool frelaté à la suite d’une rumeur selon laquelle les boissons alcoolisées aideraient à guérir du nouveau coronavirus, selon un nouveau bilan fourni mardi par l’agence IRNA.

En Iran, où la consommation et la vente d’alcool sont interdites, les médias locaux font régulièrement état d’intoxications mortelles avec de l’alcool de contrebande.

Selon IRNA, la région comptant le plus de personnes décédées dans le cadre de cette série d’intoxications est la province du Khouzestan (au sud-ouest de l’Iran), avec 36 morts, contre 20 annoncés la veille.