(Beyrouth) Le premier ministre libanais Hassan Diab a affirmé lundi que l’État n’était plus en mesure de protéger les Libanais et de leur assurer une vie décente.  

Agence France-Presse

Pays confronté à sa pire crise économique et financière depuis la guerre civile (1975-1990), le Liban risque de ne pas être en mesure de rembourser 1,2 milliard d’Eurobonds – des bons du Trésor émis en dollars – arrivant à échéance le 9 mars et doit prendre une décision sur la possible restructuration de sa dette.  

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Le Liban vit depuis le 17 octobre au rythme d’un mouvement de contestation populaire inédit contre l’ensemble de la classe dirigeante. Cette manifestation a eu lieu le 11 février à Beyrouth.

Lors d’un discours prononcé devant les membres du corps consulaire, M. Diab a évoqué une décision « critique » en cours d’étude au sein du gouvernement qui « constituera un tournant majeur pour l’avenir du Liban ».  

En toute franchise, compte tenu de la situation dans laquelle il se trouve, l’État n’est plus en mesure de protéger les Libanais et de leur assurer une vie décente.

Le premier ministre libanais Hassan Diab.

M. Diab a été nommé le 19 décembre au terme de plusieurs semaines d’un bras fer entre la rue et le pouvoir, accusé de corruption et d’incompétence.

Le Liban vit depuis le 17 octobre au rythme d’un mouvement de contestation populaire inédit contre l’ensemble de la classe dirigeante.

« En toute transparence, cet État a perdu la confiance des Libanais », a-t-il ajouté, promettant de mener des réformes « douloureuses » pour rebâtir la confiance et des institutions solides.

Défaut de paiement ou pas ?

Les banques libanaises, qui détiennent une grande partie de la dette publique, ont récemment appelé l’État à éviter un défaut de paiement.

Mais de nombreuses voix au Liban se sont élevées ces dernières semaines pour réclamer une restructuration de la dette et des réformes profondes pour remettre le pays sur la bonne voie.  

Le pays croule sous une dette avoisinant les 92 milliards de dollars, soit plus de 150 % du PIB, et a demandé une assistance au Fonds monétaire international (FMI).

Une mission d’urgence a été dépêchée le mois dernier, mais aucune assistance financière du FMI n’a été annoncée pour le moment.