(Washington) Donald Trump a appelé jeudi Moscou, Damas et Téhéran à cesser de tuer des civils dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, où ces forces ont intensifié leurs bombardements depuis mi-décembre.

Agence France-Presse

«La Russie, la Syrie et l’Iran tuent, ou sont sur le point de tuer, des milliers de civils innocents dans la province d’Idleb. Ne le faites pas!», a lancé le président des États-Unis sur Twitter, en saluant la Turquie qui «travaille dur pour stopper ce carnage».

Depuis le 16 décembre, les forces du président syrien Bachar al-Assad, soutenues par l’aviation russe, ont intensifié leurs bombardements dans cette région et de violents combats au sol les opposent aux djihadistes et rebelles, malgré un cessez-le-feu annoncé en août.

Damas a repris une quarantaine de villages, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Environ 80 civils ont été tués dans le cadre de cette nouvelle escalade, et des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées par les combats des derniers jours, fuyant souvent vers le Nord frontalier de la Turquie.

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Des résidants d'Idleb fuient leurs demeures le 22 décembre.

Mardi, Ankara a annoncé être en pourparlers avec Moscou pour obtenir un nouveau cessez-le-feu à Idleb, appelant à la fin immédiate des frappes. La France a aussi réclamé une «désescalade immédiate», accusant Damas et ses alliés russe et iranien d’«aggraver la crise humanitaire».

La région d’Idleb est dominée par les djihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS) et d’autres mouvements rebelles. Le régime, qui contrôle désormais plus de 70% du territoire syrien, s’est maintes fois dit déterminé à reconquérir Idleb.

L’armée syrienne a appelé les civils à évacuer les zones tenues par les djihadistes.

L’appel de Donald Trump intervient alors que la Russie et la Chine ont opposé la semaine dernière leur veto au Conseil de sécurité à l’extension d’un an de l’aide humanitaire transfrontalière de l’ONU à quatre millions de Syriens, principalement dans les régions, comme celle d’Idleb, échappant encore au contrôle de Damas.

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Un femme dans un camp de déplacés syrien a reçu de l'aide humanitaire, le 9 décembre, près de la frontière avec la Turquie.

Washington a jugé que ce veto était «honteux». «Vous avez du sang sur les mains», avait déjà accusé le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo à l’adresse de Moscou et Pékin.

Le régime syrien et la Russie avaient déjà mené entre avril et août une offensive d’envergure dans le bastion rebelle d’Idleb, tuant un millier de civils selon l’OSDH, et provoquant la fuite de 400 000 personnes d’après l’ONU.

Le conflit en Syrie, déclenché en 2011 par la répression de manifestations pro-démocratie par Damas, a fait plus de 370 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.