(Bruxelles) Washington espère que la Turquie d’une part et les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) d’autre part « prendront au sérieux leurs engagements » pour faire cesser le conflit dans le nord de la Syrie, a déclaré vendredi le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

Agence France-Presse

Il s’exprimait à Bruxelles après une rencontre avec le chef de l’OTAN Jens Stoltenberg au siège de l’Alliance.

Interrogé par des journalistes sur l’accord de cessez-le-feu arraché jeudi au président turc Recep Tayyip Erdogan, M. Pompeo a reconnu qu’il n’avait pas été « instantanément » mis en œuvre par les belligérants.

Il a pointé du doigt des problèmes de « coordination » pour assurer « un retrait sécurisé des combattants des YPG de la zone contrôlée par les Turcs couverte par l’accord ».

Mais, a-t-il ajouté, « nous espérons que, dans les heures à venir, à la fois les Turcs, liés à l’accord que nous avons obtenu ensemble, et les combattants des YPG prendront au sérieux les engagements qu’ils ont pris ».

Le chef de la diplomatie américaine a rappelé que ces forces kurdes — qualifiées de « terroristes » par Ankara — disposaient encore de « 96 heures », soit quatre jours, jusqu’à mardi soir, pour se retirer des zones frontalières de la Turquie, dans le nord-est de la Syrie.

À l’expiration de ce délai, si le retrait n’est pas effectif, l’offensive déclenchée le 9 octobre pourrait reprendre, avait lui-même averti le président Erdogan plus tôt dans la journée.

L’accord obtenu jeudi soir par le vice-président Mike Pence à Ankara prévoit aussi la mise en place d’une « zone de sécurité » de 32 km de large en territoire syrien.

M. Erdogan a répété vendredi que cette zone devrait « s’étendre en longueur sur 444 km » et pas seulement dans les zones dont les forces turques ont déjà pris le contrôle en territoire syrien, à savoir 120 km entre les localités de Tal Abyad et Ras al-Aïn. La Turquie prévoit d’y établir « douze postes d’observation », a-t-il ajouté.

Vendredi, le cessez-le-feu semblait déjà avoir volé en éclats.

Des frappes de l’aviation turque et des tirs d’obus des supplétifs syriens de l’armée turque ont provoqué la mort de 14 civils et de huit combattants des forces kurdes dans le village de Bab al-Kheir et ses environs du nord syrien, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).