(Bagdad) Deux roquettes se sont abattues dans la nuit de lundi à mardi près de l’ambassade américaine à Bagdad, ont indiqué des sources de sécurité à l’AFP, sur fond de tensions entre Washington et Téhéran, les deux puissances agissantes en Irak.

Agence France-Presse

« Deux roquettes Katioucha se sont abattues, l’une aux abords de l’ambassade et l’autre à trois mètres à l’intérieur de l’enceinte de l’ambassade », a déclaré à l’AFP une source de sécurité à l’intérieur de la Zone verte, qui se réduit désormais à la chancellerie américaine et ses environs.

Un troisième projectile s’est échoué dans le fleuve Tigre, qui borde la Zone verte, a-t-il précisé.

De son côté, un officier de police irakien a confirmé à l’AFP sous le couvert de l’anonymat que « deux roquettes Katioucha se sont abattues dans la Zone verte, non loin de l’ambassade américaine ».

Il a ajouté que l’origine des tirs avait été déterminée comme étant située dans le sud de Bagdad, dans une zone où de nombreuses milices pro-Téhéran ont pris leurs quartiers.

Le commandement militaire irakien, lui, a fait état de « deux tirs » aux abords de la Zone verte, dont l’un dans le Tigre, sans toutefois évoquer l’ambassade américaine.

Alors que Bagdad plaide depuis des mois pour que la crise américano-iranienne ne déborde pas sur son territoire, les sirènes de l’ambassade américaine, dernier vestige de la Zone verte de Bagdad désormais ouverte à tous, ont retenti à deux reprises dans la nuit, ont indiqué des sources étrangères à l’intérieur de ce périmètre.  

L’Irak, dévasté par des années de violences et de conflits, dont le dernier contre le groupe djihadiste État islamique (EI), continue d’être en proie à l’insécurité avec des attentats meurtriers, même s’ils sont devenus moins fréquents.

Il tente de se présenter en parangon de la stabilité retrouvée pour convaincre alliés et investisseurs de revenir et se placer comme un acteur diplomatique régional incontournable.

Il doit toutefois composer avec la présence sur son territoire de milices pro-Téhéran armées et financées par des instructeurs iraniens.

Les tirs de la nuit de lundi à mardi n’ont jusqu’ici pas été revendiqués.

La dernière attaque de ce genre remonte au 19 mai, quand une roquette avait été tirée sur la Zone verte, quelques jours à peine après le rappel par l’administration américaine de ses diplomates non essentiels en Irak.

De récents raids sur des bases de groupes paramilitaires chiites irakiens proches de l’Iran — qu’ils ont attribués à Israël — ont fait redouter une escalade, sans conséquence militaires jusqu’ici, mais dont les répercussions se font sentir sur la classe politique irakienne, fortement divisée entre pro-Téhéran et pro-Washington.

Ce clivage pourrait bientôt de nouveau susciter le débat au Parlement où des dizaines de députés militent pour inscrire au plus vite à l’ordre du jour un calendrier de départ des forces étrangères, américaines en tête.