(Doha) Les États-Unis et les talibans afghans ont repris samedi leurs discussions à Doha, a constaté un journaliste de l’AFP, avec pour objectif de trouver un accord qui permettrait le retrait des soldats américains d’Afghanistan après 18 ans de conflit.

Agence France-Presse

Le 9e cycle de négociations entre Américains et insurgés afghans a débuté jeudi. Les pourparlers devaient reprendre vendredi mais « les deux parties ont décidé de les reporter à samedi », a indiqué le porte-parole des talibans Suhail Shaheen, faisant état d’« autres engagements ».

« Nous avons fait [jeudi] des progrès et discutons maintenant du mécanisme de mise en œuvre [d’un accord] et de certains points techniques », a-t-il dit à l’AFP.

« L’accord sera conclu lorsque nous serons d’accord sur ces points », a ajouté M. Shaheen.

Il sera présenté aux médias et à des représentants de pays voisins de l’Afghanistan, de la Chine, de la Russie et des Nations Unies, a-t-il poursuivi.

Les Américains et les insurgés afghans ont rejeté samedi les affirmations de médias selon lesquelles des discussions auraient porté sur la formation d’un gouvernement intérimaire, dans lequel siégeraient des talibans.

Sur Twitter, M. Shaheen a qualifié ces informations de « fausses ».

« Comme l’a indiqué le porte-parole des talibans précédemment, nous n’avons eu aucune discussion à propos d’un gouvernement intérimaire », a indiqué l’émissaire américain Zalmay Khalilzad sur Twitter. « Les décisions de gouvernance sont à prendre par les Afghans dans le cadre de négociations interafghanes ».

L’accord espéré devrait prévoir le retrait de plus de 13 000 soldats américains d’Afghanistan, avec un calendrier à la clé. Il s’agit de la principale revendication des talibans, qui s’engageraient en retour à ce que les territoires qu’ils contrôlent ne puissent plus être utilisés par des organisations « terroristes ».

Un cessez-le-feu entre insurgés et Américains, ou à tout le moins une « réduction de la violence », devrait également figurer dans le texte, qui serait historique, 18 ans après l’invasion de l’Afghanistan par les États-Unis pour chasser les talibans du pouvoir, dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Washington espère conclure un accord de paix avec les talibans d’ici le 1er septembre, avant les élections afghanes prévues le même mois et la présidentielle américaine en 2020.

Les talibans ont affirmé samedi avoir tué sept membres de l’armée américaine lors d’une attaque contre un convoi près de la base aérienne de Bagram, au nord de Kaboul.

Le colonel Sonny Leggett, porte-parole des forces américaines en Afghanistan, a indiqué que des commerces avaient été endommagés par l’attaque mais a démenti qu’il y ait eu des victimes parmi les soldats américains ou de la coalition.

Deux soldats américains ont été tués mercredi par des tirs d’armes légères dans la province de Faryab (nord), a rapporté le Pentagone.