(Dubaï) Les rebelles Houthis du Yémen ont annoncé avoir nommé un ambassadeur à Téhéran, une décision immédiatement condamnée par le gouvernement du président Abd Rabbo Hadi reconnu par la communauté internationale.

Agence France-Presse

Ibrahim al-Daïlami a été nommé « ambassadeur » à Téhéran, ont rapporté samedi soir les médias des Houthis, dont la télévision Al-Massirah, quelque jours après une visite d’un haut responsable des rebelles yéménites à Téhéran.

Le gouvernement de M. Hadi, qui avait rompu avec l’Iran en octobre 2015, a condamné avec force cette annonce.

« C’est une violation de la loi internationale », a assuré le gouvernement dans un communiqué.

L’administration des Houthis n’est reconnue officiellement par aucun pays.

Dans un discours diffusé samedi, le chef des rebelles Abdelmalek al-Houthi a défendu les relations avec l’Iran.

« La [seule] position de soutien franc et clair avec notre peuple et de condamnation de l’agression est venue de la République islamique d’Iran », a-t-il notamment déclaré.

L’Iran ne cache pas son soutien aux Houthis, mais nie leur fournir des armes comme l’affirme la coalition menée par l’Arabie saoudite et qui intervient militairement contre ces insurgés au Yémen.

L’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de l’Iran, a reçu mardi soir à Téhéran le porte-parole des Houthis, Mohammed Abdel Salam, et réitéré l’appui de son pays aux rebelles, qui contrôlent la capitale yéménite Sanaa et d’autres régions du nord du pays.

Il a dénoncé aussi les « crimes » de la coalition qui intervient militairement depuis 2015 contre les Houthis, en appui au gouvernement yéménite.

La guerre qui fait rage depuis plus de cinq ans entre les Houthis et le camp antirebelles a fait des dizaines de milliers de morts, et le pays connaît la pire crise humanitaire du monde, selon l’ONU.