(Jérusalem) L’ancien premier ministre israélien Ehud Barak, en campagne pour les élections législatives de septembre, a vivement rejeté les critiques sur ses relations avec le financier américain Jeffrey Epstein, inculpé d’abus sexuels sur mineures.

Agence France-Presse

Plusieurs articles de presse ont mentionné récemment ses liens d’affaires avec M. Epstein, qui a été inculpé le 8 juillet aux États-Unis pour des chefs d’accusation passibles au total de 45 ans d’emprisonnement.

Un article paru mardi dans le tabloïd britannique Daily Mail montre des images de M. Barak entrant dans la résidence de Jeffrey Epstein à New York en 2016, le visage partiellement caché, et des photos de jeunes femmes qui sont entrées dans la résidence des heures plus tard, apparemment après que l’homme politique israélien avait quitté les lieux.

Le journal ironise sur cette visite de M. Barak «malgré ses affirmations selon lesquelles il n’a jamais socialisé avec le pédophile et ses filles».

L’article est un «acte abject», «une diffamation», a dénoncé mercredi l’ancien premier ministre israélien. «Je lis les choses écrites sur moi, et il est important de dire clairement et sans équivoque ici et maintenant que ce sont des mensonges», a-t-il lancé en hébreu lors d’un rallye de son parti.

REUTERS

Jeffrey Epstein

«J’étais effectivement chez lui (Epstein), je n’ai jamais pris part à aucune fête/réunion du genre de celles qu’on laisse entendre», avait-il déjà écrit mardi sur Twitter.

Ses avocats ont indiqué mercredi qu’ils avaient demandé au journal britannique de retirer immédiatement l’article et de «payer des dommages et intérêts substantiels pour compenser» M. Barak.

M. Barak a lancé la campagne de son nouveau parti Israël Démocratique en se présentant comme l’envers de son rival, le premier ministre en poste Benyamin Nétanyahou, visé dans trois affaires de corruption.

Il a laissé entendre que son rival pourrait être lié aux articles paraissant dans la presse ces jours-ci.

«Ceux qui tentent d’empêcher Nétanyahou et ses extrémistes d’arriver au gouvernement deviennent des cibles pour des campagnes mensongères», a-t-il affirmé.

Mais le parti de M. Nétanyahou a accusé M. Barak de mentir.

Au début du mois, le quotidien israélien Haaretz a révélé que Jeffrey Epstein, qui avait déjà été reconnu coupable d’abus sexuels en 2009 et avait purgé une peine de 13 mois de prison, avait investi en 2015 dans une start-up dirigée par Ehud Barak

Ce dernier avait admis avoir «donné une seconde chance à Jeffrey Epstein», dans des publications sur Facebook, affirmant que le financier américain était un «investisseur passif» et qu’il examinait la possibilité de mettre fin à l’association à la lumière des dernières allégations.  

Les médias israéliens ont également fait état d’une subvention de 2,3 millions de dollars qu’Ehud Barak a reçu en 2004 de la Fondation Wexner, dans laquelle Jeffrey Epstein était membre du conseil d’administration.