La Syrie a demandé mardi une réunion d'urgence du Conseil de sécurité consacrée au Golan, suite à la décision américaine de reconnaître la souveraineté d'Israël sur ce plateau, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Publié le 26 mars 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

La présidence du Conseil, assurée en mars par la France, doit maintenant déterminer une date pour tenir cette réunion. Si elle ne peut être organisée avant le dimanche 31 mars, il pourrait revenir à l'Allemagne qui prend la présidence du Conseil lundi de la programmer. 

Il est possible qu'un vote de procédure, que peut toujours demander un des 15 membres du Conseil, empêche in fine la tenue de cette réunion, relève un diplomate. Pour cela, le pays demandeur doit recueillir neuf voix. Lors d'un vote de procédure, aucun veto n'est possible. 

Mardi matin, lors d'une réunion mensuelle consacrée au conflit israélo-palestinien, plusieurs membres du Conseil avaient laissé transparaître leur exaspération après la reconnaissance lundi par le président américain Donald Trump de la « souveraineté » d'Israël sur le plateau du Golan, en dépit des résolutions de l'ONU attribuant à cette zone un statut de « territoire occupé » par l'État hébreu. 

Nombreux ont été les États à dénoncer la politique du « fait accompli » suivie par la Maison-Blanche, qui avait déjà l'an dernier décidé unilatéralement à reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël. 

En particulier, les cinq pays européens membres du Conseil-Allemagne, France, Royaume-Uni, Belgique et Pologne-avaient souligné dans une déclaration solennelle qu'ils « ne reconnaissaient pas la souveraineté d'Israël sur les territoires occupés par Israël depuis juin 1967, incluant le plateau du Golan ». 

« L'annexion d'un territoire par la force est interdite par le droit international », ont-ils rappelé. « Toute déclaration sur un changement unilatéral de frontière va à l'encontre des règles sur l'ordre international et la Charte des Nations unies », avaient-ils insisté. 

Lors de la discussion, l'ambassadeur français François Delattre avait été virulent.  

Les paramètres agréés par la communauté internationale pour une paix durable au Proche-Orient « ne sont pas des options ou un menu dans lequel il serait possible de piocher à sa guise », a-t-il fait valoir. 

« Ils sont, pris dans leur ensemble, le socle incontournable de tout plan de paix et de toute négociation à venir ». « La reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan est contraire au droit international, en particulier l'obligation pour les États de ne pas reconnaître une situation illégale », avait-il ajouté à l'intention des États-Unis. 

« Il appartient à ce Conseil de veiller au respect (des) principes fondamentaux » de la Charte des Nations unies « qui conditionnent la paix et la sécurité internationales », notamment celui de juger illégal « l'acquisition de territoire par la force ». 

« C'est pourquoi le silence du Conseil sur ce sujet est de plus en plus assourdissant, de plus en plus incompréhensible, et pour la France de plus en plus inacceptable », avait conclu l'ambassadeur français. 

De son côté, l'ambassadeur des États-Unis Jonathan Cohen avait déclaré que « permettre aux régimes syrien et iranien de contrôler le plateau du Golan reviendrait à fermer les yeux sur les atrocités commises par le régime d'Assad et sur la présence déstabilisante de l'Iran dans la région ». 

Le plateau du Golan a été conquis sur la Syrie en 1967 par l'État hébreu puis annexé en 1981. Territoire stratégique pour les deux pays, il est riche en eau et surplombe la Galilée et le lac de Tibériade du côté contrôlé par Israël.