L'Iran a convoqué mardi l'ambassadeur suisse à Téhéran, chargé de représenter les intérêts américains, pour protester contre la détention par les États-Unis d'une journaliste iranienne.

Mis à jour le 22 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

Marzieh Hachemi a été arrêtée le 13 janvier à l'aéroport de St. Louis au Missouri, aux États-Unis, selon des proches cités par la chaîne d'État iranienne Press TV, pour laquelle elle travaille.

« Une note officielle de protestation a été remise à l'ambassadeur suisse concernant l'arrestation et la poursuite de détention par des agents du gouvernement américain de la journaliste iranienne de Press TV, Marzieh Hachemi », a indiqué le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Bahram Ghasemi.

Selon M. Ghasemi, l'Iran réclame dans cette note « la libération immédiate et inconditionnelle » de la journaliste.

L'ambassade de Suisse représente les intérêts américains à Téhéran, où Washington n'a plus de mission diplomatique depuis 1980.

Née aux États-Unis sous le nom de Melanie Franklin avant sa conversion à l'islam et son mariage avec un Iranien, Mme Hachemi sera maintenue en détention jusqu'à ce qu'elle témoigne devant un grand jury, dans le cadre d'une enquête pénale dont la nature n'a pas été révélée, selon un document judiciaire américain rendu public vendredi.

Ce document ne donne aucune date de comparution mais précise que la journaliste n'est pas accusée de crime.

Installée en Iran, où elle est depuis 25 ans l'un des visages les plus connus de la chaîne anglophone Press TV, Mme Hachemi revient régulièrement aux États-Unis pour rendre visite à sa famille. Elle a été arrêtée alors qu'elle effectuait une de ces visites à un frère malade, selon des proches cités par la chaîne.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif a demandé la semaine dernière sa libération immédiate, qualifiant son arrestation d'« acte politique inacceptable qui piétine la liberté d'expression ».

Il a souligné que, depuis son mariage avec un Iranien, Mme Hachemi était considérée comme une citoyenne iranienne. Or, c'est « notre devoir de défendre nos citoyens », a-t-il affirmé.