Les rebelles au Yémen ont nié mardi détourner une partie de l'aide humanitaire envoyée aux civils, accusant le Programme alimentaire mondial (PAM) d'acheminer « des aliments avariés » dans le pays en guerre.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Ce conflit, qui a fait au moins 10 000 morts depuis 2015 et provoqué la pire crise humanitaire au monde, oppose le pouvoir soutenu militairement par l'Arabie saoudite aux rebelles Houthis pro-iraniens qui contrôlent de vastes régions du pays, y compris la capitale Sanaa.

Lundi, le PAM a affirmé qu'une grande partie de l'aide destinée aux habitants de Sanaa n'est jamais arrivée à destination. Elle a été mise en vente sur les étals des marchés après avoir été détournée par une organisation contrôlée par les rebelles et chargée par le PAM de la distribution de l'aide, selon le PAM.  

D'autres cas de détournement ont également été relevés dans d'autres régions contrôlées par les Houthis, a ajouté cette agence de l'ONU, en menaçant de cesser sa collaboration avec les rebelles si des mesures urgentes n'étaient pas prises pour arrêter ce « comportement criminel ».

Muhammad Ali al-Houthi, « président du Haut comité de la Révolution », a réagi à ces accusations en estimant que le PAM était « entièrement responsable des quantités d'aliments avariés » envoyés au Yémen.

Cité par l'agence de presse Saba des rebelles, il a ajouté que les autorités des Houthis avaient refusé d'autoriser l'entrée de cette aide alimentaire dans le pays car « elle est en violation des critères et des règlementations et n'est pas bonne à la consommation ».

Néanmoins, les autorités rebelles sont favorables à une enquête indépendante et appellent le PAM à prouver ses accusations, a poursuivi le responsable en accusant les organisations de l'ONU de « partialité » et en jugeant leur travail « politisé ».

Le conflit au Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, a provoqué la pire crise humanitaire au monde et jusqu'à 20 millions de personnes sont « en situation d'insécurité alimentaire » selon l'ONU.