(Qamichli) Des combats entre forces pro-Ankara et les Kurdes soutenus par l’armée syrienne ont fait samedi 15 morts dans le nord-est de la Syrie, a indiqué une ONG, alors que les troupes de Damas se sont déployées sur une nouvelle zone stratégique à proximité de la frontière syro-turque.

Agence France-Presse

Dans la soirée, des violents affrontements ont éclaté dans cette zone entre les groupes armés pro-Ankara, soutenus par l’aviation turque, et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes et appuyées par l’armée syrienne, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Les combats ont lieu dans la zone située entre Tal Tamr et Ras al-Aïn et ont fait 15 morts, dont 9 combattants proturcs et six des FDS », a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Ces combats interviennent alors que les forces du régime de Bachar al-Assad sont entrées dans la région de Ras al-Aïn, a annoncé l’agence étatique syrienne Sana.

Samedi, environ 2000 soldats syriens, appuyés par des centaines de véhicules militaires, ont fait leur entrée dans une partie du nord-est syrien jouxtant la zone désormais contrôlée par la Turquie.

C’est la première fois depuis 2012 que les forces de Damas sont déployées dans cette région, cible d’une offensive turque depuis le 9 octobre destinée à chasser les Kurdes de la frontière syro-turque.

Il s’agit du « plus important » déploiement militaire de Damas depuis des années, a souligné l’OSDH auprès de l’AFP, en précisant que les Syriens étaient accompagnés par des membres de la police militaire russe.

Moscou et Ankara ont signé mardi un accord pour chasser les forces kurdes d’une bande de 120 km au centre de la bande frontalière, profitent largement à Damas. Ils lui permettent de facto de revenir sur environ un tiers du territoire syrien dont Bachar al-Assad avait perdu le contrôle depuis le début de la guerre en Syrie, déclenchée en 2011.

Les troupes syriennes, soutenues sur le terrain par les Russes, avaient déjà fait leur réapparition vendredi dans la ville de Hassaké, à environ 70 km au sud-est de Ras al-Aïn.

Depuis la suspension de l’offensive turque le 17 octobre, émaillée par des bombardements et des combats sporadiques, 46 civils ont été tués et 40 membres des FDS ont péri, contre 26 combattants proturcs.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a renouvelé samedi sa menace de reprendre les combats pour « chasser les terroristes » de la frontière si l’accord avec Moscou n’était pas respecté.

Par ailleurs, Washington a amorcé l’envoi de renforts dans l’est pétrolier syrien, a indiqué samedi à l’AFP un responsable du ministère de la Défense américain, alors qu’un convoi militaire arborant des drapeaux américains entrait en Syrie depuis l’Irak voisin.