(Kaboul) Il n’y aura pas de paix durable en Afghanistan si les talibans ne s’adaptent pas aux changements survenus dans le pays depuis leur éviction en 2001, a affirmé dimanche l’envoyé spécial américain pour la paix Zalmay Khalilzad dans un entretien à la télévision afghane Tolo News.

Agence France-Presse

Les talibans reconnaissent avoir fait « beaucoup d’erreurs » lorsqu’ils étaient au pouvoir entre 1996 et 2001 mais avoir « beaucoup appris », a observé M. Khalilzad lors d’une visite à Kaboul, où il poursuit ses efforts pour mettre un terme à quatre décennies de guerre.

« Si les talibans insistent pour revenir au système qu’ils avaient, à mon avis cela signifie la poursuite de la guerre et non la paix », a-t-il ajouté.

Lorsque les talibans étaient au pouvoir, ils empêchaient les filles d’aller à l’école, ils exécutaient les femmes sur de vagues soupçons d’adultère et ils interdisaient une presse libre, la musique et bien d’autres libertés fondamentales.

Depuis qu’une coalition internationale menée par les États-Unis les a chassés du pouvoir en 2001, les droits des femmes ont progressé, notamment dans les villes, le taux de scolarisation s’est envolé et la liberté de la presse est ancrée.  

Washington et les insurgés sont engagés depuis l’été dernier au Qatar dans des pourparlers de paix, qui progressent, selon le diplomate américain, attendu à Doha ces prochains jours.

Les détracteurs de ces discussions regrettent toutefois que le gouvernement afghan ait jusqu’à présent été exclu du processus, les rebelles le considérant comme une « marionnette » de Washington.

Il est vital que toutes les parties communiquent dans le cadre d’un « dialogue intra-afghan », a insisté Zalmay Khalilzad. Une telle rencontre devait avoir lieu à Doha ce mois-ci, mais elle a été annulée en raison du nombre de délégués (250) que Kaboul souhaitait y convier.

« Ces dernières semaines, mes luttes se sont concentrées sur l’établissement d’un terrain propice aux pourparlers intra-afghans », a observé M. Khalilzad. « C’est la première étape pour la suite des discussions, mais il n’y a pas encore eu de progrès. »

Washington est selon lui « un peu impatient » de mettre fin à la guerre en Afghanistan, qui a coûté plus de 1000 milliards de dollars et 2300 hommes aux États-Unis, et dont le coût annuel est estimé à 45 milliards de dollars pour les contribuables américains, tandis que des soldats américains continuent à mourir.

Les États-Unis veulent « mettre fin à leurs dépenses en Afghanistan et aux dangers auxquels les forces armées sont confrontées. Mais Washington […] veut mettre fin à cette guerre de manière responsable », a-t-il souligné.