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Le régime Assad accuse Israël d'avoir attaqué des cibles en Syrie

Bachar al-Assad... (Photo Sana Sana, archives REUTERS)

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Bachar al-Assad

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Crise dans le monde arabe

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Agence France-Presse
Beyrouth

Le régime syrien a accusé vendredi Israël d'avoir bombardé des cibles en Syrie, la première attaque du genre depuis le renforcement de la défense antiaérienne syrienne consécutif à la chute d'un avion russe en septembre.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'armée israélienne a tiré jeudi soir des missiles contre des dépôts où sont « stockées des armes iraniennes et du Hezbollah libanais » dans la localité de Kesswa, dans le sud de la province de Damas.

Cette ONG, qui s'appuie sur un vaste réseau de sources dans le pays voisin d'Israël et en guerre depuis 2011, a également fait état de tirs de la DCA syrienne.

L'armée israélienne n'a ni confirmé ni infirmé son implication.

Ni les médias d'État syriens ni l'OSDH n'ont mentionné des victimes dans cette attaque.

Depuis le début de la guerre, Israël a effectué de nombreuses frappes en Syrie contre des forces du régime de Bachar al-Assad, mais aussi contre des combattants envoyés par l'Iran ou du mouvement chiite Hezbollah. L'Iran et le Hezbollah, ennemis de l'État hébreu, combattent aux côtés du régime syrien.

À Damas, le ministère des Affaires étrangères a indiqué dans un communiqué s'être plaint auprès de l'ONU au sujet de « l'agression israélienne la veille contre la région de Kesswa ».

Armes iraniennes et du Hezbollah

Selon Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH, deux missiles ont touché Kesswa où se trouvent « des dépôts d'armes appartenant au Hezbollah et aux forces iraniennes » et un autre a touché le secteur de Harfa, où se trouve un centre militaire syrien.

À Kesswa, « les dépôts ciblés sont utilisés pour stocker temporairement des roquettes », a précisé M. Abdel Rahmane. « Il semble que les Israéliens ont obtenu des renseignements sur l'arrivée récente d'armes » dans ces dépôts.

Les médias d'État syriens ont évoqué des tirs de la défense antiaérienne contre « des objectifs hostiles au-dessus de Kesswa », qui ont « tous » été détruits.

Ils n'ont pas donné d'autres précisions, mais cette formulation est souvent utilisée par le régime syrien pour désigner des avions ou des missiles israéliens.

Selon une source militaire syrienne citée par le quotidien progouvernemental al-Watan, « en dépit de son intensité, l'agression n'a réalisé aucun de ses objectifs et tous les engins ennemis ont été abattus ».

En Israël, l'armée a indiqué dans un communiqué que « les informations rapportant qu'un avion ou qu'un quelconque engin aéroporté des forces israéliennes a été touché sont fausses ».

Selon l'armée, un missile sol-air syrien a été tiré en direction d'une zone inhabitée du plateau du Golan, mais il n'était pas clair si l'engin a visé la partie de ce territoire occupée par l'État hébreu.

En mai dernier, le secteur de Kesswa avait été visé par des frappes israéliennes qui avaient tué des combattants des Gardiens de la Révolution, l'armée d'élite du régime iranien, et des miliciens chiites pro-iraniens, selon l'OSDH.  

Renforcer la défense antiaérienne

C'est la première fois que la DCA syrienne entre en action depuis la chute d'un avion russe le 17 septembre, a indiqué M. Abdel Rahmane.

Ce jour-là, la DCA était intervenue pour intercepter des missiles israéliens visant des dépôts de munitions dans la province de Lattaquié (nord-ouest), abattant par erreur un appareil russe. Quinze militaires russes à bord avaient péri.

Alliée du régime syrien, la Russie utilise principalement son aviation pour aider militairement les forces progouvernementales face aux rebelles et aux djihadistes.  

La chute de l'avion russe avait provoqué des tensions entre la Russie et Israël. L'armée russe avait accusé les pilotes israéliens de s'être servis de l'avion russe comme couverture pour échapper aux tirs syriens après avoir mené leur raid en Syrie, ce qu'Israël a démenti.

Depuis, la Russie a annoncé de nouvelles mesures pour protéger son armée, dont le renforcement de la défense antiaérienne syrienne, avec des batteries S-300 et le brouillage des communications d'avions se trouvant à proximité.

Il n'était pas possible de savoir si les batteries S-300 ont été utilisées par le régime jeudi soir.

Après l'incident de septembre, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou avait déclaré que son pays continuerait à combattre la présence iranienne en Syrie.  

Déclenchée par la répression de manifestations prodémocratie, la guerre complexe aux multiples acteurs en Syrie a fait plus de 360 000 morts.




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