Le ministre israélien des Affaires stratégiques, Youval Steinitz, a qualifié lundi d'«inacceptables» des propos récents du secrétaire d'État américain sur les délais avant que l'Iran obtienne l'uranium nécessaire pour une arme atomique.

Publié le 14 avr. 2014
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous ne pourrons pas adopter et accepter un accord qui laisse l'Iran à quelques mois, à un an d'une arme nucléaire», a déclaré M. Steinitz, un proche du premier ministre Benyamin Netanyahou, à la radio publique israélienne.

S'exprimant le 8 avril devant une commission parlementaire américaine, M. Kerry a déclaré que si l'Iran reprenait son programme d'enrichissement d'uranium, il lui faudrait deux mois pour avoir assez de matériel pour une arme nucléaire.

Il a aussi reconnu que si les négociations en cours entre l'Iran et les grandes puissances, qui ont déjà obtenu un gel de six mois du programme d'enrichissement, visaient aussi à ralentir la capacité iranienne, pour faire passer le délai à 6 mois ou un an, même si l'objectif final restait d'empêcher l'Iran d'obtenir l'arme atomique.

Pour M. Steinitz, ces propos sont «inquiétants, ils sont surprenants et ils sont inacceptables».

«Nous observons les négociations avec inquiétude. Nous ne sommes pas opposés à une solution diplomatique, mais nous sommes contre une solution qui reviendrait à se rendre complètement à l'Iran et à laisser le pays au seuil de la puissance nucléaire», a insisté M. Steinitz.

Bien que l'Iran assure que son programme nucléaire n'a que des visées civiles, les pays occidentaux et Israël, considéré comme la seule puissance nucléaire de la région, soupçonnent Téhéran de dissimuler un volet militaire.

Au Sénat, M. Kerry a précisé que si l'Iran parvenait à obtenir «le matériel pour concevoir une bombe», il lui manquait encore la capacité nécessaire de la produire ou de l'envoyer.

Le diplomate américain a aussi prévenu que si les Iraniens «rompaient l'accord et commençaient à enrichir, ils prendraient une décision aux conséquences énormes à laquelle nous répondrions très probablement immédiatement».

Les États-Unis, et plus encore Israël, ont à maintes reprises menacé l'Iran de frappes contre ses sites nucléaires en cas d'échec des négociations.