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Nouvelle trêve entre Gaza et Israël

Un soldat israélien stationné à la frontière de... (PHOTO  JACK GUEZ, AFP)

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Un soldat israélien stationné à la frontière de la Bande de Gaza, le 13 mars.

PHOTO JACK GUEZ, AFP

Adel ZAANOUN
Agence France-Presse
GAZA

Les deux principales forces combattantes de Gaza, le Hamas et le Jihad islamique, ont annoncé jeudi le rétablissement de la trêve avec Israël, au lendemain d'une escalade marquée par un feu nourri de roquettes palestiniennes et une vague de raids israéliens.

Néanmoins, cinq roquettes se sont abattues dans le sud d'Israël après le cessez-le-feu, selon l'armée, soit un total de huit engins tombés jeudi en Israël pour la journée, contre une soixantaine mercredi, la vague la plus intense depuis l'offensive israélienne à Gaza en novembre 2012. Ces tirs n'ont pas fait de victime.

Dix autres projectiles ont été lancés de Gaza dans la journée mais huit sont tombés à l'intérieur de l'enclave palestinienne et deux ont été interceptés par le système de défense antimissile Iron Dome, a précisé l'armée.

En outre, une roquette de fabrication locale a explosé accidentellement en soirée dans le nord de la bande de Gaza, près de la frontière avec Israël, blessant cinq membres d'une même famille, selon des sources de sécurité. Un groupuscule jihadiste pourrait être à l'origine de l'incident.

En représailles, dans la nuit, l'armée de l'air israélienne a annoncé avoir frappé «quatre sites terroristes» dans le sud de la bande de Gaza et trois autres dans le nord du territoire.

Selon des témoins et des sources sécuritaires à Gaza, ces raids, qui ont visé des camps d'entraînement de groupes paramilitaires, n'ont pas fait de victime.

«Nous continuerons à riposter aux agressions émanant de la bande de Gaza aux mains du Hamas», a averti un porte-parole militaire israélien, le lieutenant-colonel Peter Lerner.

«La partie égyptienne nous a informés qu'elle était parvenue à un accord consolidant la trêve selon les termes conclus après l'opération israélienne» fin 2012, a affirmé à l'AFP un porte-parole du Jihad islamique, Daoud Chihab, assurant que cette trêve était effective depuis 12H00 GMT.

Un conseiller du chef du gouvernement du Hamas, au pouvoir à Gaza, a confirmé cette trêve: «Le Hamas et les autres mouvements souhaitent le respect de la trêve, l'arrêt de l'escalade et la protection du peuple palestinien face à l'agression israélienne».

Un haut responsable israélien de la Défense a néanmoins indiqué à l'AFP ne pas avoir connaissance d'un cessez-le-feu: «Ils savent que si les tirs continuent, la réaction d'Israël sera très rude et la dernière chose que veuillent le Hamas et le Jihad islamique est une escalade».

Avant l'annonce de la trêve, l'aviation israélienne a bombardé «sept sites terroristes» à Gaza en représailles aux tirs de roquettes du matin, blessant légèrement trois Palestiniens.

Pas de confrontation «illimitée»

Dans la nuit, l'aviation israélienne avait pilonné une trentaine de «sites terroristes» à Gaza, répliquant aux tirs de roquettes revendiqués par le Jihad islamique en représailles à la mort de trois de ses combattants tués mardi dans un raid aérien israélien alors qu'ils venaient de tirer au mortier sur des soldats à la frontière.

«La plupart des roquettes tirées par le Jihad islamique ont visé des zones inhabitées et les bombardements israéliens des positions d'entraînement» désertées , a souligné Adnane Abou Amr, professeur de sciences politiques à l'Université Oumma à Gaza.

«Les deux parties s'adressent ainsi le message qu'elles ne souhaitent pas s'embarquer dans une confrontation illimitée», a-t-il expliqué à l'AFP.

Selon le correspondant militaire du quotidien israélien Yediot Aharonot, «l'actuel cycle de violences résulte de la bataille pour le "périmètre de sécurité"» imposé par l'armée israélienne le long de la frontière à l'intérieur de Gaza.

Dans le sud d'Israël, où une partie de la population s'était réfugiée un temps dans les abris mercredi, les écoles ont rouvert normalement jeudi. Les points de passage à la frontière avec Gaza restent en revanche fermés, sauf pour les cas humanitaires.

Condamnations et menaces

Le président palestinien Mahmoud Abbas a condamné «l'escalade militaire, y compris les tirs de roquettes» lors d'une rencontre à Bethléem, en Cisjordanie, avec le Premier ministre britannique David Cameron.

M. Cameron a «condamné sans réserve les attaques» palestiniennes, tout en jugeant «inacceptable» la situation de la population de Gaza sous blocus israélien.

M. Abbas avait auparavant appelé Israël à «mettre un terme à son escalade militaire», s'attirant une vive critique du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

«Si nous voulons parvenir à une paix réelle, nous devons être très clairs sur la condamnation du terrorisme et sur notre droit à nous défendre», a dit M. Nétanyahou.

Le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon a fait porter la responsabilité des tirs de roquettes au Hamas. «Le Hamas est responsable de Gaza et s'il ne sait pas comment empêcher les tirs contre Israël depuis son territoire, nous agirons contre lui», a-t-il averti.




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