Les négociations entre Israéliens et Palestiniens doivent reprendre mardi à Washington après près de trois ans de suspension, a annoncé samedi un responsable palestinien.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Israël n'a pas encore confirmé officiellement la reprise de ces négociations mardi, mais le premier ministre Benyamin Nétanyahou a indiqué samedi soir être prêt à libérer 104 Palestiniens dans le cadre d'une reprise des pourparlers.

Selon le responsable palestinien qui a requis l'anonymat, des responsables américains seront présents aux négociations qui seront dirigés côté palestinien par le négociateur en chef Saëb Erakat et côté israélien par la ministre de la Justice Tzipi Livni.

Les négociateurs doivent se rencontrer lundi soir pour un dîner informel, a-t-il précisé.

Jeudi, le ministre israélien du Développement régional, Sylvan Shalom, a affirmé que les négociations reprendraient probablement mardi.

Selon les médias israéliens, Mme Livni sera accompagnée par Yitzhak Molcho, l'émissaire personnel du premier ministre Benyamin Nétanyahou.

«Selon de hauts responsables à Jérusalem, la rencontre à Washington doit se pencher en premier lieu sur l'ordre du jour des discussions, incluant les sujets qui seront abordés et le calendrier», selon le quotidien Haaretz.

À l'issue de son sixième voyage dans la région, le secrétaire d'État américain John Kerry a annoncé la semaine dernière un accord pour une reprise prochaine des pourparlers de paix gelés depuis septembre 2010.

Ces pourparlers avaient rapidement tourné court en raison de différends sur la question de Jérusalem-Est et la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée. Palestiniens et Israéliens ne se sont pas rencontrés officiellement pour négocier d'un règlement de leur conflit depuis septembre 2010.

À la veille d'une réunion de son conseil des ministres axée sur ces négociations, M. Nétanyahou a écrit sur sa page Facebook avoir donné son «accord à la libération de 104 Palestiniens, par étapes, une fois les négociations démarrées, puis en fonction de leur évolution».

Il n'a donné aucun détail sur l'identité des détenus susceptibles d'être libérés, ni confirmé une reprise des négociations à Washington mardi.

Mais il a souligné qu'«à l'heure actuelle, il me semble de la plus haute importance que l'État d'Israël entre» en négociations avec les Palestiniens. «C'est important à la fois pour maximiser les possibilités de mettre fin au conflit avec les Palestiniens, et pour renforcer la position d'Israël» sur le plan international.

Lors du Conseil des ministres, M. Nétanyahou doit faire une déclaration officielle sur la reprise des pourparlers de paix et mandater un comité ministériel pour gérer les libérations de prisonniers, selon le site du gouvernement.

Selon le site internet Ynet, M. Nétanyahou va diriger ce comité, qui décidera qui sera libéré et quand.

Le gouvernement israélien doit en principe voter pour approuver ou non ces libérations. Il doit également ratifier un projet de loi qui prévoit de soumettre à référendum, après approbation du gouvernement et du Parlement, tout accord de paix avec les Palestiniens.

Il est «urgent et important» d'adopter ce texte, perçu comme un geste en direction des ministres de droite peu enclins à faire des concessions durant les négociations, selon une note du secrétariat du gouvernement.