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Le pari de la négociation avec les talibans

Le président afghan Hamid Karzaï.... (PHOTO SHAH MARAI, ARCHIVES AFP)

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Le président afghan Hamid Karzaï.

PHOTO SHAH MARAI, ARCHIVES AFP

Après avoir refusé de négocier avec les talibans, le président afghan, Hamid Karzaï, est revenu sur sa décision, jeudi. Le gouvernement de l'Afghanistan, les Américains et les talibans pourraient donc négocier pour la toute première fois dans un contexte formel. Les experts estiment que ce jeu politique complexe s'annonce prometteur... mais pourrait facilement dérailler.

Pourquoi Hamid Karzaï a-t-il accepté de négocier avec les talibans?

Quand les talibans ont annoncé leur volonté de négocier en ouvrant cette semaine un bureau à Doha, au Qatar, le président Karzaï a d'abord refusé toute discussion. Il n'a pas digéré que le bureau soit identifié par l'enseigne «Émirat islamique de l'Afghanistan», comme si les talibans s'affichaient comme les représentants officiels du pays.

M. Karzaï a finalement fait savoir jeudi qu'il accepterait de discuter si les talibans retiraient leur drapeau et changeaient le nom de leur bureau. Il a aussi demandé une déclaration officielle de soutien des Américains à son gouvernement.

Houchang Hassan-Yari, professeur au Collège militaire royal du Canada, rappelle que Karzaï s'est historiquement montré ouvert aux discussions avec les talibans et qu'il n'est pas surprenant de le voir faire volte-face. «La pression était lourde sur lui, particulièrement de la part des Américains», dit aussi Jabeur Fathally, professeur de droit civil à l'Université d'Ottawa, qui croit que Karzaï avait tout à perdre d'être exclu des négociations entourant le pays qu'il dirige.

Pourquoi les talibans veulent-ils négocier?

Selon M. Hassan-Yari, les talibans ont réalisé qu'ils ne pourront jamais reconquérir l'Afghanistan par la force. «Ils veulent reprendre le pouvoir d'une autre manière, cette fois par la voie politique», dit-il.

M. Fathally croit au contraire que les talibans sont en bonne position pour reconquérir l'Afghanistan, surtout que les troupes étrangères quitteront le pays l'an prochain. Ce qui est clair, c'est que le fait que les États-Unis et le gouvernement afghan acceptent de négocier avec les talibans donne à ces derniers une légitimité toute nouvelle.

Que cherche chaque camp dans cette négociation?

En plongeant dans le jeu politique, les talibans cherchent à asseoir leur pouvoir. Les États-Unis tenteront quant à eux d'obtenir des concessions des talibans, notamment qu'ils s'engagent à couper tout lien avec Al-Qaïda et qu'ils assouplissent leurs positions envers les femmes. Le régime d'Hamid Karzaï, qualifié de «corrompu» et «faible» par les experts, tentera quant à lui de conserver le plus de pouvoir possible, de mettre fin à l'instabilité qui secoue le pays et d'obtenir l'immunité en cas de prise de pouvoir par les talibans.

Ces négociations déboucheront-elles sur quelque chose?

«Il y a un certain optimisme, dit Houchang Hassan-Hari. Mais ce n'est pas l'euphorie, parce que tout peut déraper.»

Selon lui, les talibans, satisfaits du départ prochain des troupes étrangères, affichent un pragmatisme qu'on ne voyait pas avant.

Il faudra voir comment manoeuvrera chaque camp. Le risque de scission chez les talibans pourrait notamment faire émerger des groupes plus radicaux, opposés aux compromis.

«Ce sont des négociations qui auront certainement des effets positifs, parce qu'elles vont apaiser les problèmes de sécurité en Afghanistan», croit M. Fathally, qui ajoute qu'elles prépareront aussi le terrain pour les élections présidentielles, prévues pour 2014.

«Il reste beaucoup d'inconnues, mais dans tous les cas, c'est mieux que la situation qui prévalait avant», ajoute M. Fathally.




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