L'Égypte juge inacceptable l'«agression» israélienne contre la bande de Gaza, a déclaré jeudi le président égyptien Mohamed Morsi, qui avait ordonné la veille le rappel de l'ambassadeur d'Égypte auprès de l'Etat hébreu.

Mis à jour le 15 nov. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Les Israéliens doivent réaliser que cette agression, nous ne l'acceptons pas, et qu'elle ne peut mener qu'à de l'instabilité dans la région», a dit M. Morsi dans une brève allocution retransmise par la télévision publique.

Le président égyptien a indiqué s'être entretenu par téléphone avec le président américain Barack Obama et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

«J'ai appelé peu avant l'aube le président américain Obama et nous avons discuté de la nécessité de mettre fin à cette agression et qu'elle ne se répète pas», a dit M. Morsi, issu des Frères musulmans, qui sont considérés comme la maison mère du Hamas au pouvoir à Gaza.

«Nous avons examiné les moyens d'apaiser et de mettre fin à ces actes (...) et de réaliser la paix et la sécurité», a-t-il ajouté.

«J'ai expliqué le rôle de l'Égypte, la position de l'Égypte, le fait que nous veillons aux relations avec les Etats-Unis et avec le monde mais en même temps notre refus total de cette agression», a-t-il ajouté, précisant s'être mis d'accord avec M. Obama «pour communiquer (...) afin d'empêcher l'escalade».

«De manière générale, il y a un grand mouvement pour contacter le monde entier afin d'empêcher et de mettre fin à cette agression contre Gaza», a-t-il conclu.

L'Égypte joue habituellement les intermédiaires entre Israël et le mouvement palestinien Hamas à chaque flambée de violence entre les deux parties.

Mercredi, M. Morsi avait aussi demandé à la Ligue arabe, basée au Caire, d'organiser une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères arabes.

Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Ahmed Ben Helli, a indiqué à l'AFP que l'organisation tiendrait samedi cette réunion.

Premier pays arabe à avoir signé un traité de paix avec Israël en 1979, l'Égypte avait déjà retiré son ambassadeur d'Israël après la deuxième Intifada, lancée en 2000, quand le président Hosni Moubarak - renversé en 2011 - était au pouvoir.