À Beyrouth, le chef du Hezbollah libanais a fait une rare sortie en public pour affirmer que la diffusion d'une vidéo anti-islam réalisée aux États-Unis «aura des conséquences très graves dans le monde entier».

Mis à jour le 18 sept. 2012
Richard Hétu, collaboration spéciale LA PRESSE

À Téhéran, le vice-président iranien a promis de traquer le réalisateur de cette vidéo «qui a insulté un milliard et demi de musulmans dans le monde».

Et dans les rues de Kaboul, en Afghanistan, de Karachi et de Lahore, au Pakistan, et de Jakarta, en Indonésie, des milliers de musulmans ont continué hier à exprimer leur colère contre L'innocence des musulmans et le pays où ce brûlot a été créé.

Au moins deux manifestants ont été tués au Pakistan, où le premier ministre Raja Pervez Ashraf a ordonné la fermeture de l'accès au site YouTube sur lequel la vidéo islamophobe peut être visionnée.

«Le monde doit savoir que notre colère n'est pas une expression passagère, mais le début d'un mouvement grave qui se poursuivra dans la nation musulmane pour défendre le prophète de Dieu», a déclaré Saïd Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, à des dizaines de milliers de manifestants réunis dans la banlieue sud de Beyrouth.

«L'Amérique doit comprendre que la diffusion de ce film aura de très graves conséquences dans le monde entier», a ajouté le religieux, qui vit caché depuis la guerre avec Israël en 2006.

La sortie de Nasrallah semble donner raison au secrétaire à la Défense américain, Leon Panetta, qui affirmait dimanche que son pays devait être «prêt» au cas où «les manifestations seraient hors de contrôle».

Les États-Unis ont envoyé la semaine dernière 100 marines en Libye et 50 au Yémen pour défendre leurs représentants diplomatiques. Ils ont de plus évacué leur personnel non essentiel du Soudan et de la Tunisie et fermé leur ambassade à Bangkok, où des manifestations sont attendues aujourd'hui.

À Tunis, des affrontements ont eu lieu entre les forces de sécurité et les partisans d'un dirigeant salafiste recherché pour son rôle présumé dans les manifestations qui ont tourné à la violence vendredi devant l'ambassade américaine de la capitale tunisienne. Le dirigeant salafiste Saïf-Allah Benahssine s'était réfugié dans une mosquée.

Des excuses officielles

De Kaboul à Karachi en passant par Téhéran, plusieurs des manifestants ont scandé «Mort à l'Amérique» et réclamé des excuses officielles du gouvernement américain pour la vidéo anti-islam. Le vice-président iranien, Mohammed Reza Rahmini, a repris à son compte cette demande hier, tout en promettant que son gouvernement «va certainement chercher, traquer et poursuivre la personne coupable».

Des manifestations anti-américaines se sont également déroulées aux Philippines, en Azerbaïdjan et en Cisjordanie.

À moins de 50 jours de l'élection présidentielle américaine, Barack Obama ne risque pas de présenter ses excuses au monde musulman pour la vidéo anti-islam. Il est déjà accusé par son rival, Mitt Romney, de manquer de fermeté face aux ennemis des États-Unis au Moyen-Orient.

La poursuite des manifestations anti-américaines dans le monde musulman pourrait d'ailleurs permettre au candidat républicain de critiquer la politique étrangère du président, un de ses points forts aux yeux de l'opinion.