L'Irak, théâtre d'une flambée de violences pendant le ramadan, cherche à renforcer ses liens militaires avec les États-Unis, huit mois après le départ des troupes américaines, a déclaré dimanche le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey.

Publié le 19 août 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je crois qu'il ont pris conscience d'avoir raté une opportunité de nouer des relations plus normales avec nous», a déclaré, à propos du commandement militaire irakien, le chef de l'état-major interarmes américain à bord d'un avion qui l'emmenait en Afghanistan.

Le général Dempsey devait se rendre cette semaine en Irak. Il s'agit de la visite du plus haut responsable américain depuis la fin officielle des opérations américaines dans le pays au début de l'année.

«Je ne suis pas en train de dire que nous allons revenir en Irak. Ils (les responsables irakiens) reconnaissent que leurs capacités nécessitent peut-être un soutien supplémentaire et je pense qu'ils se tournent vers nous pour voir si nous pouvons les y aider», a dit Martin Dempsey.

L'Irak a notamment évoqué des manoeuvres militaires conjointes, l'entraînement des officiers irakiens et d'autres champs de «coopération dans la sécurité», a-t-il ajouté.

Washington s'inquiète du rôle de l'Irak dans le contournement des sanctions internationales par l'Iran ou l'aide apportée par Téhéran au régime syrien.

Selon le New York Times, l'Irak aide son voisin iranien à faire passer du pétrole en contrebande et laisse Téhéran participer à des opérations d'échanges de devises vendues aux enchères sous couvert des banques irakiennes.

Le mois dernier, le président américain Barack Obama a accusé la banque irakienne Elaf Islamic Bank d'avoir effectué des transactions de plusieurs dizaines de millions de dollars avec des banques iraniennes soumises à des sanctions pour leurs liens présumés avec le programme nucléaire de Téhéran.

Le général Dempsey n'a pas directement réagi aux informations du New York Times. L'Iran, a-t-il toutefois affirmé, «cherchera à renforcer son influence en Irak» si ses positions reculent en Syrie.