Une vidéo mise en ligne sur YouTube la semaine dernière vient de mettre le gouvernement israélien dans l'embarras. Le témoignage d'un jeune militant pour les droits des gais, qui dit avoir été mis à l'écart de la flottille pour briser le blocus dans la bande de Gaza, s'est révélé être faux.

Janie Gosselin LA PRESSE

Le jeune homme, qui se présente comme un Américain du nom de Marc, serait en fait l'acteur israélien Omer Gershon. La source de la vidéo demeure inconnue, mais le bureau gouvernemental de la presse et le ministère des Affaires étrangères israélien ont dû reconnaître avoir commis une erreur en reprenant le lien sur leurs comptes Twitter.

La supercherie a été rapidement mise au jour par des blogueurs et des journalistes, intrigués notamment par la facture léchée du clip. Le jeune homme y affirme que sa participation au projet a été refusée parce qu'elle n'était pas «dans l'intérêt de la flottille». Il poursuit en accusant les organisateurs de copiner avec le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza.

Après le scandale causé par le blogue d'une jeune lesbienne à Damas, qui s'est avérée être un Américain hétérosexuel en Écosse, le président de l'Association nationale des lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres (LGBT) d'Israël a dénoncé cette nouvelle utilisation d'un personnage faussement victime d'homophobie à des fins politiques. «Il y a assez d'abus de la communauté LGBT en Israël, en Cisjordanie et à Gaza sans que ce soit utilisé sous d'autres prétextes. Ça n'a rien à voir avec la flottille», a dit Mike Hamel dans une entrevue téléphonique.

Guerre de l'image

La vidéo n'est qu'un nouvel exemple dans la guerre de l'image entre Israël et les organisateurs de la flottille.

«L'image que le monde a de nous, Israéliens, devient de plus en plus importante, note Elad Segev, spécialiste des nouveaux médias à l'Université de Tel-Aviv. Les politiciens le comprennent. Mais ça peut aussi desservir leur but, comme on peut le voir dans la guerre de propagande entre le Hamas et Israël. Les gens sont plus méfiants qu'avant.»

Il minimise cependant la portée de la vidéo mise en ligne par le faux militant.

«Nous en sommes venus à croire que ce genre de message a beaucoup d'influence, mais en réalité, ça reste limité», souligne-t-il.