Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a indiqué jeudi à Islamabad que le Royaume-Uni était impliqué dans les «contacts» menés en vue de discussions de paix avec les talibans afghans, confirmés dimanche dernier par Washington.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Il y a des contacts, mais c'est un processus mené par les Afghans, et la Grande-Bretagne va l'assister et le faciliter», a déclaré M. Hague lors d'une conférence de presse dans la capitale pakistanaise.

«La Grande-Bretagne est liée à ces développements», a-t-il ajouté, tout en soulignant qu'il s'agit de «contacts très préliminaires».

«Des contacts ont lieu et le Royaume-Uni, disons, est impliqué et soutient» ces discussions, avait déclaré un peu plus tôt M. Hague sur la BBC depuis l'Afghanistan voisin, où il était de passage pour une visite de trois jours.

Samedi dernier, M. Karzaï avait annoncé que les États-Unis avaient entamé des négociations directes avec les talibans.

Le lendemain, le secrétaire américain à la Défense Robert Gates confirmait que Washington menait, avec d'autres pays, des discussions préliminaires avec les rebelles afghans pour favoriser le processus de réconciliation après bientôt dix ans de guerre.

Une certaine confusion continue toutefois de régner sur ce dossier, Kaboul, Washington et Londres ne l'évoquant pas toujours dans les mêmes termes.

M. Hague a ainsi parlé à Islamabad d'«un processus mené par les Afghans», alors que M. Karzaï avait souligné samedi que «les forces étrangères, notamment (celles envoyées par) les États-Unis, (menaient) elles-mêmes des négociations».

Les talibans continuent, eux, de refuser officiellement toute négociation de paix tant que l'ensemble des quelque 140 000 soldats occidentaux déployés dans le pays ne l'auront pas quitté.

À l'automne dernier, les Occidentaux avaient cru tenir une piste sérieuse en commençant à discuter avec un homme prétendant être un responsable taliban de premier plan. Mais ce dernier s'était avéré être un imposteur.

Les talibans ont été chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition militaire internationale dirigée par les États-Unis, mais leur sanglante rébellion a gagné du terrain ces dernières années.

Le président américain Barack Obama a annoncé mercredi le retrait d'ici à l'été 2012 du tiers des forces américaines stationnées en Afghanistan, soit 33 000 hommes, décision qu'il a justifiée par les revers infligés à Al-Qaïda, notamment la mort de son chef Oussama Ben Laden début mai au Pakistan voisin.