Les commémorations de la «Nakba» (catastrophe), l'exode des Palestiniens qui a suivi la création de l'État d'Israël en mai 1948, ont été endeuillées par la mort d'un jeune manifestant à Jérusalem-Est annexée.

Publié le 14 mai 2011
Majeda El-Batsch AGENCE FRANCE-PRESSE

Milad Saïd Ayache, 16 ans, est décédé de ses blessures tôt samedi matin après avoir été touché apparemment par balle dans le quartier palestinien de Silwan, théâtre de violences quotidiennes entre résidants et colons israéliens.

Les circonstances de l'incident n'ont pas été éclaircies.

Selon un oncle, l'adolescent «est mort après avoir été blessé au ventre». Un autre de ses parents a affirmé qu'il avait été blessé par un colon juif.

Les funérailles se sont déroulées, sans incident majeur, au pied des remparts de la Vieille ville de Jérusalem, en présence de 2000 personnes, aux cris de «Dieu est grand» et «Par notre sang et par notre âme, nous vengerons ce martyr», a constaté l'AFP.

Des drapeaux palestiniens ont été déployés du haut de la mosquée al-Aqsa.

«Nos martyrs sont des lumières qui éclairent notre pays. Il faut mettre fin à l'occupation (israélienne). Elle ne survivra pas aux manifestations populaires», a affirmé Fakhri Abou Diab, un dirigeant du comité de défense de Silwan.

Une marche a ensuite été organisée à travers Jérusalem-Est, le secteur à majorité arabe de la Vieille ville, pour l'anniversaire de la «Nakba».

«Cette marche prouve que le droit au retour des réfugiés est inébranlable et sacré. Nous n'y renoncerons pas», a déclaré à l'AFP un mufti.

Des heurts ont éclaté en début d'après-midi entre des jeunes Palestiniens jetant des pierres et des soldats israéliens ripostant avec des tirs de grenades lacrymogènes et de balles caoutchoutées au checkpoint de Kalandia, à l'entrée de Jérusalem.

Les manifestations marquant le début de la commémoration de la «Nakba» - qui culmineront dimanche - avaient déjà été émaillées vendredi d'incidents à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

À Jérusalem, au moins une dizaine de Palestiniens ont été blessés lors de heurts avec les forces israéliennes.

Dans un communiqué, la police israélienne a fait état de trois protestataires «très légèrement touchés» et de trois policiers légèrement blessés.

Au total, 34 Palestiniens ont été arrêtés dans la région de Jérusalem, a précisé le porte-parole de la police israélienne Micky Rosenfeld, assurant que les forces israéliennes n'avaient pas tiré à balles réelles.

La police a déployé des milliers d'hommes en renfort à Jérusalem-Est, dans les localités palestiniennes environnantes et dans le nord d'Israël, où est concentrée la majorité de la population arabe, l'armée mobilisant de son côté sept bataillons supplémentaires en Cisjordanie occupée, avec des consignes de retenue pour éviter des effusions de sang.

Des rassemblements de solidarité ont été organisés en Jordanie et en Égypte.

Les autorités égyptiennes ont fermé l'accès à la péninsule du Sinaï pour empêcher une marche du Caire à Gaza prévue samedi et dimanche à l'occasion de la commémoration de la «Nakba».

La «Nakba» s'est traduite par l'exode de 760 000 Palestiniens, point de départ de la question des réfugiés, actuellement au nombre de 4,8 millions avec leurs descendants, répartis pour l'essentiel entre la Jordanie, la Syrie, le Liban et les territoires palestiniens.

La résolution 194 de l'ONU dispose que «les réfugiés qui désirent rentrer dans leurs foyers et vivre en paix avec leurs voisins devraient y être autorisés le plus vite possible».

Tous les gouvernements israéliens se sont opposés à l'application du droit au retour, au nom du caractère juif de l'État. Les responsables palestiniens exigent la reconnaissance par Israël du «principe» de ce droit, tout en se déclarant prêts à en négocier les modalités d'application.