Le contrôleur général israélien a annoncé, jeudi, l'ouverture d'une enquête sur le financement électoral et les dépenses de voyage du premier ministre Benyamin Nétanyahou, déclenchant le premier scandale significatif depuis le début de son mandat, il y a deux ans.

Publié le 31 mars 2011
Aron Heller ASSOCIATED PRESS

L'enquête du contrôleur général fait suite à un reportage de la chaîne de télévision Channel 10 diffusé la semaine dernière, qui affirmait que M. Nétanyahou et sa femme, Sara, ont bénéficié de vols, d'hôtels et de repas payés par de riches associés lors de la période de dix ans qui a séparé ses deux mandats à titre de premier ministre.

L'enquête ne pose aucune menace imminente pour M. Nétanyahou. Le contrôleur général de l'État d'Israël, Micha Lindenstrauss, n'a que le pouvoir de recommander une action, et ses enquêtes ne sont qu'une étape préliminaire. Mais s'il conclut qu'il y a eu des actes répréhensibles, le dossier pourrait être envoyé à la police et aux procureurs.

M. Nétanyahou était un simple citoyen durant la période concernée, mais il a aussi occupé une série de postes gouvernementaux de haut niveau, notamment celui de ministre des Finances.

Le reportage soulève des doutes quant à la possibilité que les donateurs aient tenté d'influencer M. Nétanyahou.

Le premier ministre a affirmé que les accusations de Channel 10 étaient «fabriquées et entachées d'hypocrisie», et a déposé une plainte contre la chaîne pour diffamation.

«Il y a des journalistes qui ne m'aiment pas et qui n'aiment pas le fait que je sois premier ministre, a-t-il déclaré mercredi. La pire chose, c'est que pour m'atteindre, ils attaquent ma femme.»

Dans une rare entrevue accordée à la chaîne israélienne Channel 2, jeudi, Sara Nétanyahou a qualifié les accusations de «ragots diaboliques». Elle a affirmé que les dépenses de sa famille n'avaient pas coûté «un seul shekel» aux contribuables israéliens et a accusé les médias de s'en prendre à eux alors que tous les autres politiciens agissent de la même façon.

Le porte-parole du contrôleur général, Shlomo Raz, a indiqué que son bureau se pencherait sur de possibles conflits d'intérêts émanant des contributions privées recueillies lors des campagnes électorales primaires de M. Nétanyahou et du financement de ses somptueuses dépenses de voyage.

Mercredi, un comité parlementaire a accordé au contrôleur général des pouvoirs exceptionnellement élargis pour mener son enquête. Le contrôleur pourra notamment citer à comparaître des témoins israéliens et demander qu'ils fournissent des documents. Le contrôleur n'a cependant pas ces pouvoirs pour les citoyens étrangers liés à l'affaire.