Deux membres du Jihad islamique ont été tués dimanche à Gaza dans une frappe israélienne, au lendemain d'un appel au calme des groupes du territoire palestinien.

Publié le 27 mars 2011
Adel Zaanoun AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans le même temps, Israël déploie pour la première fois un nouveau système antimissile sur le sud du pays.

«Deux Palestiniens ont été tués et un autre a été blessé dans un raid de l'aviation israélienne contre des objectifs situés à l'est de Jabaliya», un camp de réfugiés au nord de la ville de Gaza, a déclaré à l'AFP le chef des services d'urgence locaux Adham Abou Selmiya.

Selon des témoins, un drone israélien a visé une voiture, tuant ses deux occupants et blessant trois personnes.

Dans un communiqué, les Brigades al-Qods, la branche armée du Jihad islamique, ont confirmé que les deux hommes appartenaient à l'organisation et ont promis de «riposter à ce crime au moment et à l'endroit appropriés».

Une porte-parole de l'armée israélienne a affirmé qu'«un appareil de l'armée de l'air a attaqué ce matin une cellule de terroristes qui s'apprêtaient à tirer une roquette contre Israël depuis le nord de la bande de Gaza».

Cette frappe survient au lendemain d'appels au calme et à une trêve tacite avec Israël des principaux groupes de la bande de Gaza contrôlée par les islamistes du Hamas depuis 2007.

Le Hamas a publié un communiqué dimanche, qui ne fait pas référence au raid, mais appelle au calme.

«Nous saluons l'accord des factions palestiniennes s'engageant au calme et appelons tous les combattants sur le terrain à exécuter cet accord sans violation», dit le texte.

«Le Hamas tient au consensus national (palestinien) et nous sommes engagés à un retour au calme aussi longtemps que l'occupant (israélien) fera de même», a affirmé de son côté Ismaël Radwane, un dirigeant du Hamas.

Le «consensus national palestinien» évoque la trêve annoncée par le mouvement islamiste en janvier 2009 à la suite de l'offensive israélienne contre la bande de Gaza.

La réunion de samedi avait été convoquée par le Hamas avec la participation du Jihad islamique, une organisation radicale à laquelle ont été attribués la plupart des roquettes et obus tirés ces derniers jours vers le sud d'Israël.

Le Jihad islamique s'est engagé à respecter la trêve de facto dans les mêmes termes.

«Tous les participants ont confirmé qu'ils respecteraient le consensus national en calmant les choses avec l'ennemi sioniste», a affirmé à l'AFP Khader Habi, un des chefs du Jihad islamique. «Mais la situation va dépendre de la nature de l'attitude israélienne».

«Il n'y a pas de cessez-le-feu. Là-bas (à Gaza), n'importe quel voyou peut aller à l'encontre de la volonté des dirigeants», a répondu dimanche à la radio militaire le ministre pour la Défense passive Matan Vilnaï.

«Nous ne voulons pas d'escalade, mais n'accepterons pas qu'on porte atteinte à nos civils», a affirmé aux journalistes le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou avant la séance hebdomadaire de son cabinet.

Il a indiqué qu'une batterie du système antimissile «Iron Dome» («Dôme de fer») avait commencé à être mise en position près de Beersheva, capitale du désert du Néguev pour un test opérationnel.

Le très vanté système «Iron Dome», de conception israélienne, doit permettre d'intercepter des roquettes d'une portée de 4 à 70 km lancées depuis le territoire de Gaza. Chaque batterie compte un radar de détection et de pistage, un logiciel de contrôle de tir et trois lanceurs équipés chacun de 20 missiles d'interception.

Le ministre de la Défense Ehud Barak a déclaré qu'«Israël n'acceptera pas ces tirs (de roquette) et continuera à les combattre avec tous les moyens possibles».

Depuis le début du mois, des dizaines de roquettes et d'obus de mortier ont été tirés vers Israël. Les représailles israéliennes ont fait dix morts palestiniens, dont quatre civils.