Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a été critiqué par un important religieux conservateur, l'ayatollah Ahmad Khatami, pourtant un fervent défenseur de ce dernier, pour avoir dit que la cravate n'était pas interdite, a rapporté mardi l'agence Isna.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je lui dis que de nombreux dignitaires religieux estiment qu'il ne faut pas porter la cravate. Le guide suprême (l'ayatollah Ali Khamenei, ndlr) a lui-même affirmé dans une fatwa que le port de la cravate et du noeud papillon n'était pas autorisé», a déclaré l'ayatollah conservateur Ahmad Khatami.

Le président Ahmadinejad a déclaré il y a quelques jours qu'aucun dignitaire religieux n'avait interdit le port de la cravate.

Après la révolution islamique de 1979, le port de la cravate, perçu comme un symbole de la culture occidentale, a été pratiquement interdit, avant de faire son retour au cours des dernières années, notamment lors des fêtes, des mariages et des cérémonies de deuil.

L'ayatollah Ahmad Khatami a également critiqué le président Ahmadinejad pour avoir déclaré récemment que, selon certains dignitaires religieux, se raser la barbe «n'était pas un problème».

M. Ahmadinejad avait plaidé également pour une approche plus «ouverte» de la religion pour éviter que les gens ne se sentent pas exclus.

«La majorité des dignitaires religieux, notamment le guide suprême, ont affirmé que se raser était haram» (interdit par la religion), a assuré M. Khatami.

«Je demande à M. Ahmadinejad de ne pas aborder des questions religieuses problématiques car cela affaiblit le gouvernement», a-t-il ajouté. «Il n'est pas dans l'intérêt du président Ahmadinejad d'évoquer ce genre de questions».

De nombreux religieux conservateurs avaient déjà critiqué ces dernières semaines M. Ahmadinejad pour s'être opposé lors d'une intervention télévisée à la campagne de la police contre les femmes mal voilées.

Le président iranien s'est déclaré début juin «fermement opposé» aux contrôles et aux arrestations de femmes «mal voilées» ou de jeunes non mariés qui se sont multipliés à Téhéran ces dernières semaines.

La police des moeurs, comme chaque année avant l'été, est intervenue pour mieux faire respecter la tenue islamique.

De plus en plus de femmes et jeunes iraniennes portent des tenues jugées non conformes aux préceptes de l'islam par les conservateurs, c'est-à-dire laissant voir trop de chevelure ou trop de peau.