Les dirigeants israéliens ont semblé vendredi optimistes sur une relance des négociations avec les Palestiniens, à l'occasion d'une nouvelle mission de l'émissaire américain George Mitchell qui tente de persuader les deux camps de reprendre le processus de paix au point mort.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Néanmoins, à Washington le département d'État a souligné ne pas attendre de grandes avancées de la visite de l'émissaire américain qui doit durer jusqu'à dimanche.

En dépit du sérieux coup de froid dans les relations israélo-américaines, M. Mitchell a rencontré dans la journée les principaux dirigeants israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avant de voir en soirée le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah en Cisjordanie occupée.

Après sa rencontre avec M. Mitchell, le ministre de la Défense Ehud Barak a dit avoir «l'impression qu'un effort intense est mené pour que (les négociations) soient lancées».

«J'imagine, et j'espère fortement que, peut-être d'ici deux semaines, des discussions indirectes auront lieu», a ajouté M. Barak qui doit retrouver M. Mitchell la semaine prochaine aux États-Unis.

De son côté, M. Netanyahu a dit être prêt à travailler avec le président Barack Obama. «Nous sommes sérieux. Nous espérons que les Palestiniens vont répondre. Il faut faire avancer le processus» de paix, a-t-il plaidé.

MM. Netanyahu et Mitchell ont eu «un bon entretien sur le redémarrage du processus de paix» et se reverront dimanche, selon le bureau de M. Netanyahu.

Le président israélien Shimon Peres s'est aussi dit optimiste quant aux chances de ressusciter le processus de paix bloqué depuis fin 2008. «Votre venue cette fois est un feu vert pour continuer» les discussions, a-t-il dit à l'adresse de M. Mitchell.

À Ramallah, le négociateur palestinien Saëb Erakat a déclaré à l'AFP au terme de la rencontre Mitchell-Abbas, que les discussions avaient été «positives» et que l'émissaire américain rencontrerait de nouveau les dirigeants palestiniens avant son départ de la région.

«M. Abbas a affirmé à M. Mitchell qu'il était fortement intéressé par la réussite des efforts américains et ceux de M. Obama, mais ce sont les activités de colonisation du gouvernement israélien qui (les) bloquent», a-t-il ajouté.

M. Mitchell n'a pas fait de déclarations après l'entretien.

Selon le département d'État, «l'objectif immédiat est d'amener (Israéliens et Palestiniens) formellement à un dialogue indirect, lors duquel ils pourront aborder le fond des choses, et nous espérons pouvoir annoncer cela dans un avenir proche», a-t-il dit, ajoutant aussitôt: «Je doute que cela soit ce week-end».

Jeudi, M. Netanyahu a réaffirmé son opposition à tout gel de la colonisation à Jérusalem-Est annexée en 1967, comme le réclament Washington et les Palestiniens.

Mais selon les médias israéliens, Israël pourrait freiner les constructions pour les juifs au coeur de quartiers arabes, comme à Sheikh Jarrah, qui exaspère particulièrement les Palestiniens.

Devant l'impossibilité de relancer des négociations de paix directes, Washington avait obtenu des deux camps de participer à des pourparlers indirects par l'intermédiaire de M. Mitchell.

Cependant, ils ont été différés après la crise dans les relations israélo-américaines née du feu vert donné le 9 mars, en pleine visite à Jérusalem du vice-président américain Joe Biden, à la construction de nouveaux logements juifs à Jérusalem-Est.

Israël considère l'ensemble de la Ville sainte comme sa capitale «indivisible et éternelle». Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de leur futur État.