Au moins dix personnes, dont quatre policiers et un cameraman de télévision, ont été tuées vendredi dans un attentat suicide dans un hôpital de Quetta (sud-ouest du Pakistan), selon la police qui l'attribue aux violences entre sunnites et chiites.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Un kamikaze est entré dans une salle où gisait le corps du fils d'un leader chiite local, assassiné quelques instants plus tôt, et a déclenché sa bombe au milieu d'une foule de membres de sa famille et de sa communauté, en présence de nombreux journalistes et policiers.

«Il semble que cela fasse partie des violences sectaires», a expliqué à l'AFP Shams Ullah, officier de la police de Quetta. Elles sont relativement fréquentes à Quetta comme dans le reste du pays, la minorité chiite étant souvent la cible d'assassinats et d'attentats perpétrés par des groupes sunnites extrémistes.

«Dix personnes ont été tuées», a indiqué à l'AFP le chef de la police de Quetta, Ghulam Shabir Sheikh. Une trentaine de personnes ont également été blessées.

Parmi les tués figurent deux officiers de police, deux membre d'une unité de commando de la police et un cameraman d'une chaîne de télévision pakistanaise, a déclaré à des journalistes Qazi Abdul Wajid, chef de la police de la province du Baloutchistan, dont Quetta est la capitale.

Le fils du leader chiite, un employé de banque, avait été tué par balles dans la matinée devant son bureau par des inconnus armés. «Des centaines de personnes, dont un député local et des dizaines de journalistes, étaient venus à l'hôpital pour voir sa dépouille mortelle et, quand la foule était compacte dans la salle, le kamikaze a déclenché sa bombe», a expliqué à l'AFP le chef de la police criminelle de Quetta, Wazir Khan Nazir.

«Nous avons trouvé deux jambes et la tête (du kamikaze) sur le lieu de l'attentat et les restes d'une veste suicide ainsi que des billes d'acier et des éclats de métal» dont les auteurs des attentats bourrent leurs bombes», a expliqué à l'AFP un autre officier de police, Mohammad Iqbal.

Quetta est régulièrement secouée par des attaques antichiites mais l'immense majorité des quelque 370 attentats - pour la plupart suicide - ayant fait plus de 3 200 morts au Pakistan depuis près de trois ans sont le fait des talibans pakistanais, alliés à Al-Qaeda, et visent essentiellement les forces de sécurité et les bâtiments gouvernementaux, sans épargner d'innombrables civils.

Les violences visant les chiites sont également le fait des talibans sunnites ou de groupes extrémistes liés à eux, selon les autorités.

Avec 20% d'une population estimée à 167 millions d'habitants, la communauté chiite est minoritaire en République Islamique du Pakistan, dominée par le sunnisme. Les talibans et d'autres groupes armés en ont fait publiquement une cible.

Les violences entre chiites et sunnites ont fait plus de 4 000 morts depuis la fin des années 1980, l'immense majorité parmi les chiites.