Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dit avoir «peur» d'un retour à la violence si des négociations sur un Etat palestinien ne reprennent pas, dans une interview que publie samedi Le Monde.

Mis à jour le 20 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«S'il n'y a pas de perspectives d'avenir, j'ai peur que la population fasse d'autres choix», confie M. Abbas au quotidien français.

«Pour le moment, nous contrôlons la situation, du moins en Cisjordanie», poursuit-il, faisant allusion au fait que la bande Gaza est dirigée par le mouvement islamiste Hamas, aux positions plus radicales vis-à-vis d'Israël.

«Si les gens ne croient plus que l'avenir leur apportera un Etat palestinien, s'il y a un blocage, alors j'ai peur qu'ils retournent à la violence», poursuit-il.

Au sujet d'éventuelles négociations, actuellement au point mort, le président de l'Autorité palestinienne estime que les Israéliens ne feront pas de concessions sans la pression de Washington: «Je ne crois pas qu'ils s'y résoudront sans les bons offices des Etats-Unis», estime-t-il.

«Nous comptons sur le président (Barack) Obama, comme nous comptons sur le président (Nicolas) Sarkozy. Le président français veut jouer un rôle et je pense qu'il le peut, parce qu'il est à la fois ami des Palestiniens et des Israéliens», ajoute-t-il.

M. Abbas est attendu dimanche et lundi en France. Il doit avoir lundi un déjeuner de travail avec M. Sarkozy.

Dans une interview samedi à l'hebdomadaire Journal du Dimanche, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner estime qu'«on peut d'envisager» la proclamation et la «reconnaissance immédiate» d'un Etat palestinien avant même les négociations sur ses frontières.

Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a déclaré son intention de donner naissance à un Etat palestinien indépendant et viable «dans les faits et sur le terrain» en 2011, quelle que soit l'avancée des discussions avec Israël.