Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki a estimé dimanche que le journaliste ayant jeté ses chaussures à la tête de George W. Bush, condamné à trois ans de prison et considéré comme un héros dans le monde arabe, avait eu un procès équitable.

ASSOCIATED PRESS

Muntadhar al-Zeidi, 30 ans, a été condamné à trois ans de prison pour avoir lancé ses deux chaussures sur le président américain de l'époque en décembre dernier au cours d'une conférence de presse à Bagdad.

Son geste a fait de lui un héros dans le monde arabe, où George W. Bush est particulièrement détesté pour la guerre en Irak, et de puissants dignitaires chiites ont réclamé sa libération.

La rapidité du procès avait attisé le soupçons des Irakiens quant à une intervention du gouvernement d'Al-Maliki, soutenu par les États-Unis.

«Nous avons laissé faire la loi et ne nous en sommes pas mêlés, et il a été condamné à trois ans», a-t-il déclaré dans un entretien diffusé par la chaîne publique australienne SBS et traduit de l'arabe.

Le premier ministre a démenti toute interférence, et estimé que le journaliste risquait bien pire pour avoir insulté un chef d'État en visite. «Ce que cet homme a fait dans une résidence officielle du gouvernement, en présence du premier ministre et d'un visiteur d'État, la loi irakienne, la constitution irakienne, même sous l'ancien régime, prévoit des peines entre 15 ans et la peine de mort», a-t-il noté.

Al-Maliki a dit ne pas croire que les Irakiens soutenaient Al-Zeidi, car son geste, contraire aux lois de l'hospitalité, «va à l'encontre des valeurs et de l'éthique du peuple irakien».