Un cessez-le-feu de dix jours a été décidé par les militants islamistes dans la vallée de Swat, une des zones tribales du nord-ouest du Pakistan, où talibans et partisans d'Al-Qaïda veulent imposer la Charia, a indiqué un de leurs porte-parole dimanche.

Mis à jour le 15 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

Il s'agit d'un «geste de bonne volonté» qui pourrait être pérennisé en cas d'accord lundi sur l'imposition de la loi islamique dans cette zone, a précisé Muslim Khan, porte-parole des talibans.

Le gouvernement de la province frontalière du Nord-Ouest et un dirigeant religieux pro-talibans Soofi Mohammad ont achevé leurs discussions sur l'imposition de la Charia dans les districts de Swat et de Malakand, a précisé à l'AFP le ministre provincial de l'Information Mian Iftikhar Hussain.

«Les discussions ont été très positives et les habitants de Swat devraient recevoir bientôt de bonnes nouvelles», a-t-il dit.

Soofi Mohammad a confirmé qu'un accord pourrait être signé lundi.

Selon le ministre, les dirigeants politiques, religieux et tribaux ont été convoqués à Peshawar.

Les zones tribales du nord-ouest du Pakistan sont la proie de violences depuis que des centaines de talibans et de partisans d'Al-Qaïda ont trouvé refuge dans la région après le renversement du régime taliban d'Afghanistan fin 2001.

Dimanche, une bombe a explosé au passage d'un convoi militaire au Pakistan, dans la zone frontalière avec l'Afghanistan, blessant légèrement un soldat, selon les autorités locales. L'engin a explosé près du bazar de Wana, principale ville de la région du Waziristan du sud.

Un accord de paix signé l'an dernier avait capoté, talibans et autorités s'accusant mutuellement de l'avoir violé.

Swat, autrefois connu pour la beauté de ses paysages, est devenu un champ de bataille depuis que le responsable religieux Maulana Fazlullah, lié aux talibans pakistanais a lancé une violente campagne pour y imposer la Charia.

Les troupes pakistanaises ont engagé une opération mais nombre d'habitants de Swat estiment que les autorités ont perdu la partie.

Des dizaines de fonctionnaires ont été exécutés par les hommes de Fazlullah, qui ont incendié quelque 180 écoles, interdit la musique et empêchent les hommes de se raser la barbe.