Interpol a lancé mardi une alerte mondiale, dite «notice orange», concernant 83 Saoudiens et deux Yéménites, soupçonnés d'avoir des liens avec Al-Qaeda et recherchés par l'Arabie saoudite, qui les soupçonne de préparer des attaques depuis l'étranger.

Mis à jour le 10 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

C'est la première fois qu'une alerte vise un si grand nombre de personnes à la fois, a précisé l'organisation policière internationale, qui publie l'identité, les photos et l'âge des suspects sur son site Internet.

   Ces hommes, pour la plupart âgés de 20 à 35 ans, sont soupçonnés d'avoir quitté l'Arabie saoudite et de s'être rendus notamment en Irak et en Afghanistan.

    Ils sont considérés par Riyad comme «extrêmement dangereux, violents, suicidaires, et peut-être armés», et sont recherchés dans le monde entier, notamment au Moyen-Orient, selon le communiqué d'Interpol.

   «L'Arabie saoudite souhaite s'assurer que tous les pays membres d'Interpol soient avertis que ces hommes sont dangereux et que leurs activités représentent des menaces pour la sécurité non seulement pour l'Arabie saoudite et toute sa région, mais aussi pour le monde entier», selon le secrétaire général d'Interpol, Ronald K. Noble.

   «Nous approchons du 26 février 2009, 16e anniversaire du premier attentat au World Trade Center (à New York, ndlr), c'est pourquoi nous devons être particulièrement vigilants», a-t-il souligné dans le communiqué.

   Interpol n'a pas précisé ce qui avait poussé Riyad à lancer cette alerte.

   Interrogé par l'AFP à Riyad, le général Mansour al-Turki, porte-parole du ministère saoudien de l'Intérieur, a déclaré que ses services ignoraient où se trouvaient ces terroristes présumés, et qu'il s'agissait au moins de «faire pression sur eux pour limiter leurs mouvements».

   Les «notices» oranges sont habituellement utilisées par Interpol pour alerter les autorités des 186 pays membres sur les matières dangereuses ou actes criminels «susceptibles de représenter une menace pour la sûreté publique».

   La dernière en date remonte à décembre 2008, lorsque Interpol avait diffusé à la demande du Salvador l'identité de cinq membres présumés d'un gang, condamnés pour meurtres, enlèvements et trafic de drogue, afin de signaler qu'ils venaient de s'échapper de prison.

   Les «notices» rouges, qui ne sont publiées par Interpol qu'une fois des mandats d'arrêt délivrés par le pays demandeur, sont quant à elles utilisées pour demander l'arrestation de personnes recherchées et leur extradition.

   Plus de 13 000 personnes recherchées, liées à une activité terroriste sont enregistrées dans les banques de données d'Interpol.