Dix hommes soupçonnés d'être impliqués dans une attaque à l'acide contre des jeunes filles qui se rendaient au lycée, dans le sud de l'Afghanistan, ont été arrêtés et certains ont reconnu les faits, ont annoncé mardi les autorités.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les dix hommes sont des Afghans auxquels les talibans avaient promis 100.000 roupies (1.300 dollars) à chacun pour mener les attaques, a indiqué le ministre adjoint de l'Intérieur, le général Mohammad Daud.

Six jeunes filles qui se rendaient au lycée avaient été attaquées à la mi-novembre à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, par des hommes à moto qui les avaient aspergées d'acide, blessant gravement deux d'entre elles.

Certains des hommes arrêtés ont reconnu avoir participé à l'attaque contre les lycéeennes, a ajouté M. Daud, précisant que les ordres venaient de talibans du côté pakistanais.

«Ils étaient dirigés par les talibans...ils recevaient leurs ordres de l'autre côté de la frontière, venant de ceux qui mènent des attaques terroristes à Kandahar», a déclaré le ministre.

Une des lycéennes, dont le visage a été aspergé d'acide, avait promis quelques jours plus tard depuis son lit d'hôpital de continuer à aller à l'école, même si cela mettait sa vie en danger.

Les attaques à l'acide n'avaient pas été revendiquées, mais le président Hamid Karzaï et les autorités afghanes avaient accusé les «ennemis de l'Afghanistan», c'est à dire les insurgés, dont font partie les talibans.

Un porte-parole des talibans, Yousuf Ahmadi, avait affirmé par téléphone à l'AFP que ces derniers «ne commettraient jamais un acte aussi lâche contre des enfants».

Lorsqu'ils étaient au pouvoir, entre 1996 et 2001, les talibans avaient interdit l'éducation des jeunes filles, au nom d'une conception fondamentaliste de l'Islam. Au fur et à mesure que l'insurrection se développe en Afghanistan, les écoles sont de plus en plus visées.

Pour la seule année 2008, quelques 115 écoles ont été attaquées, parfois incendiées, et 120 employés du secteur éducatif assassinés, selon le porte-parole du ministère de l'Education, Hamed Elmi.