(Kyiv) L’Ukraine a jugé lundi que la Russie intensifiait ses attaques sur le front Est pour « maximiser l’épuisement des troupes » ukrainiennes, avant l’arrivée de l’aide militaire occidentale, notamment des avions de chasse F-16.

Ce qu’il faut savoir

  • Le secrétaire général de l’OTAN encourage l’alliance militaire occidentale à fournir davantage d’armes à l’Ukraine.
  • « Plus de 20 pays » se sont engagés à porter leurs dépenses militaires à 2 % de leur PIB, assure-t-il.
  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé, en mai, que son pays avait besoin de « 120 à 130 » avions de combat F-16 ou autres appareils modernes, « pour que la Russie n’ait pas la supériorité dans les airs ».

Les forces russes ont, ces derniers mois, gagné du terrain dans les régions frontalières de Donetsk et Kharkiv, à la faveur d’une pénurie d’hommes et de munitions en Ukraine.

« Le commandement des troupes russes fait actuellement tout son possible pour augmenter et étendre l’intensité des hostilités afin de maximiser l’épuisement de nos troupes », a annoncé Oleksandre Syrsky, le chef de l’armée ukrainienne, sur sa chaîne Telegram.

Selon ce dernier, Moscou est conscient que « le temps jouera » en faveur de Kyiv, avec la réception d’une « quantité importante d’armes et d’équipements » de la part de ses alliés, dont des chasseurs américains F-16, censés renforcer la défense aérienne ukrainienne.

Le commandant ukrainien précise que les forces russes concentrent leurs efforts dans les environs de « Koupiansk, Pokorvsk, Kourakhové et Vremivka », situés sur le front Est, alors que des « combats acharnés » se poursuivent à l’Est et au Sud.  

Le procureur de la région méridionale de Kherson, partiellement occupée par Moscou, a annoncé lundi qu’un homme de 50 ans avait été tué par un « explosif largué depuis un drone ».

Le même jour, neuf personnes ont été blessées dans un bombardement russe qui a touché la région de Poltava, dans le centre-est du pays, selon Filip Pronine, son gouverneur.

« Aujourd’hui, l’ennemi a bombardé l’infrastructure civile dans la région de Poltava », a déclaré le responsable sur sa chaîne Telegram, expliquant que « plusieurs immeubles ont été endommagés ».

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky n’a de cesse, depuis plusieurs mois, de demander des systèmes de protection du ciel ukrainien à ses partenaires occidentaux, mais ceux-ci n’arrivent qu’au compte-gouttes.

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Volodymyr Zelensky, président ukrainien

Il a aussi estimé en mai dans un entretien à l’AFP que son pays avait besoin de « 120 à 130 » avions de combat F-16 ou autres appareils modernes, « pour que la Russie n’ait pas la supériorité dans les airs ».

L’Ukraine se prépare à davantage de coupures de courant

L’Ukraine a annoncé lundi que les coupures de courant allaient empirer jusqu’à la fin du mois de juillet, après une série de frappes russes sur ses infrastructures énergétiques.

Moscou a lancé une campagne de bombardement ces derniers mois, visant les principaux centres de production et de distribution d’électricité ukrainiens et détruisant, selon le président Volodymyr Zelensky, la moitié de la capacité énergétique du pays.

« Au cours des prochaines semaines, la situation sera beaucoup plus difficile qu’elle ne l’est aujourd’hui », a prévenu Volodymyr Koudrytskiï, directeur de l’opérateur national, Ukrenergo.

Selon le fournisseur d’énergie, les travaux de maintenance des centrales nucléaires, le mauvais temps et l’importation insuffisante d’électricité vont intensifier les pénuries déjà existantes, prévoyant jusqu’à 12 heures de coupure par jour.

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M. Koudrytskiï a précisé que cette « situation se poursuivra jusqu’à la fin du mois de juillet ».

Kyiv avait été contraint de faire appel à ses voisins européens pour importer de l’électricité afin de combler les déficits du réseau endommagé.

La sécurité énergétique et la restauration du réseau électrique ukrainien étaient l’un des 10 points du plan de paix du président Zelensky, discuté lors du sommet pour la paix en Suisse la fin de semaine dernière, auquel la Russie n’avait pas été conviée.

La première campagne de frappes russes visant spécifiquement des sites énergétiques avait laissé à l’hiver 2022-2023 des millions d’Ukrainiens sans courant, eau et chauffage par des températures glaciales.

Poutine remanie le ministère de la Défense

Le président russe Vladimir Poutine a nommé lundi 12 nouveaux vice-ministres de la Défense, dont une cousine, en pleine purge visant des généraux et des responsables, arrêtés pour corruption dans la foulée du départ de l’historique Sergueï Choïgou.

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Vladimir Poutine, président russe

La première vague de changements était intervenue mi-mai, quand le chef du Kremlin, quelques jours après son investiture pour un cinquième mandat, avait remplacé M. Choïgou, en poste depuis 2012, par un économiste sans expérience militaire, Andreï Belooussov.

Vladimir Poutine avait justifié ce remaniement ministériel surprise par le besoin d’« optimiser » les dépenses militaires, qui ont explosé pour soutenir les besoins de l’armée en Ukraine.

Depuis, au moins cinq généraux ou responsables, dont des proches de l’ancien ministre, ont été arrêtés pour corruption, illustrant la montée en puissance des technocrates au sein du dispositif militaire du Kremlin.

Parmi les douze vice-ministres nommés lundi par décret présidentiel, y figure notamment Anna Tsiviliova, une cousine de Vladimir Poutine, sous sanctions européenne et britannique. Le lien de parenté n’a toutefois pas été officiellement confirmé en Russie.

Elle était jusque-là à la tête de l’important Fonds des Défenseurs de la Patrie, mis en place en 2023 par le président russe, dont le but est officiellement « de fournir un soutien social personnalisé aux vétérans » du conflit en Ukraine et « aux familles des soldats décédés ou morts des suites de leurs blessures ».

Mme Tsiviliova aura notamment pour périmètre l’ensemble des questions relatives à l’aide sociale des militaires et leur logement, selon le ministère de la Défense.