(Davos) Le président polonais Andrzej Duda a exprimé mardi sa « profonde déception » due au fait que l’Allemagne n’a toujours pas fourni de chars à son pays en contrepartie de ceux envoyés par Varsovie à l’Ukraine.

Publié le 24 mai
Agence France-Presse

« Nous avons transmis des chars à l’Ukraine, et c’en était un nombre important », a déclaré M. Duda lors du Forum économique de Davos.

« Si nous étions appuyés par nos alliés allemands, avec un nombre de chars qui nous permettraient de remplacer les chars transférés à l’Ukraine, on serait très reconnaissants. Nous avons reçu une telle promesse. (Mais voici qu’) on entend que l’Allemagne ne voudra pas tenir cette promesse. C’est pour nous une profonde déception », a-t-il ajouté.

Varsovie avait reconnu en avril avoir envoyé en Ukraine des chars T-72 de conception soviétique, sans toutefois préciser leur nombre. Selon les médias, il s’agirait de plus de deux cents engins.

L’armée polonaise dispose aussi d’environ 250 chars allemands Leopard 2 et selon les médias, elle attendait que l’Allemagne lui en fournisse d’autres.

La semaine dernière, la Tchéquie a annoncé qu’elle recevrait d’Allemagne 15 chars Leopard 2 A4 en remplacement de ses T-72 envoyés en Ukraine.  

Des exigences trop élevées ?

Selon l’hebdomadaire Der Spiegel, contrairement à Prague, Varsovie insistait « pour avoir des chars modernes » et exigeait que ses manques en matériel soient « comblés par des chars Leopard allemands du type le plus récent ».  

Ces demandes feraient que les négociations seraient « désespérément bloquées », la Bundeswehr elle-même ne disposant pas en nombre suffisant de chars de dernière génération.  

Mardi, la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock a reconnu lors d’une conférence de presse avec son homologue polonais que les deux parties discutaient du sujet et de la manière dont ils pouvaient « clarifier les incertitudes qui existent peut-être à l’heure actuelle ».

« Nous ne pouvons pas fournir de matériel lourd en appuyant sur un bouton ou en claquant des doigts, surtout pas à partir des stocks allemands », a-t-elle déclaré. « Nous devons plutôt veiller à ce que le matériel qui sera livré lors de l’échange circulaire soit disponible, réparé ou commandé à nouveau ».

Tout en regrettant que l’échange ne soit pas aussi « dynamique que la situation en Ukraine et sur le flanc est (de l’OTAN) l’exige », le ministre polonais Zbigniew Rau a assuré que la réunion de Berlin montrait qu’il y avait « une volonté de résoudre ce problème ».