« Ce sera la mort pour certains d’entre nous et la captivité pour les autres. Nous ne savons pas ce qu’il va se passer, mais nous vous demandons vraiment de vous souvenir [de nous] avec un mot gentil » : ce message tragique a été transmis lundi sur Facebook par la 36e brigade de la Marine nationale des Forces armées ukrainiennes, qui défend Marioupol depuis plus de 40 jours.

Mis à jour le 11 avril
Lila Dussault
Lila Dussault La Presse

Ce que vous devez savoir

  • Le conflit a fait jusqu’à présent plus de 4,5 millions de réfugiés ;
  • La Russie « ira en justice » si elle est déclarée en défaut ;
  • L’armée ukrainienne a dit lundi se préparer à « une ultime bataille » dans le port dévasté de Marioupol ;
  • L’est de l’Ukraine ciblé par la Russie ;
  • L’économie de l’Ukraine va se contracter de 45,1 % cette année en raison de la guerre menée par la Russie.
  • Le conflit a fait jusqu’à présent plus de 4,5 millions de réfugiés ;
  • La Russie « ira en justice » si elle est déclarée en défaut ;
  • L’armée ukrainienne a dit lundi se préparer à « une ultime bataille » dans le port dévasté de Marioupol ;
  • L’est de l’Ukraine ciblé par la Russie ;
  • L’économie de l’Ukraine va se contracter de 45,1 % cette année en raison de la guerre menée par la Russie.

« L’ultime bataille » à Marioupol

« Pendant plus d’un mois, nous avons combattu sans réapprovisionnement en munitions, sans nourriture, sans eau », faisant « le possible et l’impossible », a ajouté cette unité, dont la moitié des membres seraient blessés. « Aujourd’hui sera probablement l’ultime bataille, car nos munitions s’épuisent. »

Le chef des séparatistes prorusses de Donetsk a affirmé lundi que ses forces avaient conquis entièrement la zone portuaire de Marioupol. Déjà dimanche, un conseiller du président ukrainien avait avoué qu’il était « désormais impossible militairement » de libérer la ville.

  • Membres des troupes prorusses sur un véhicule blindé dans la ville portuaire de Mariupol, lundi

    PHOTO CHINGIS KONDAROV, REUTERS

    Membres des troupes prorusses sur un véhicule blindé dans la ville portuaire de Mariupol, lundi

  • Une femme pleure après que le corps de son mari a été exhumé près de leur maison, dans le village d’Andriivka, dans la région de Kyiv.

    PHOTO SERGEI SUPINSKY, AGENCE FRANCE-PRESSE

    Une femme pleure après que le corps de son mari a été exhumé près de leur maison, dans le village d’Andriivka, dans la région de Kyiv.

  • Un homme passe devant un amas de véhicules brûlés, en banlieue de Kyiv.

    PHOTO EVGENIY MALOLETKA, ASSOCIATED PRESS

    Un homme passe devant un amas de véhicules brûlés, en banlieue de Kyiv.

  • Un policier examine le corps d’un homme vraisemblablement tué par les forces russes, à Boutcha.

    PHOTO RODRIGO ABD, ASSOCIATED PRESS

    Un policier examine le corps d’un homme vraisemblablement tué par les forces russes, à Boutcha.

  • Zinaida Makishaiva, 82 ans, se remémore comment les soldats russes l’ont traitée. Ils ont notamment tirer autour d’elle pour lui faire peur. « Dieu m’a sauvé la vie », dit-elle.

    PHOTO ZOHRA BENSEMRA, REUTERS

    Zinaida Makishaiva, 82 ans, se remémore comment les soldats russes l’ont traitée. Ils ont notamment tirer autour d’elle pour lui faire peur. « Dieu m’a sauvé la vie », dit-elle.

  • À Kharviv, de nombreuses personnes sont encore contraintes de se loger dans des endroits à l’abris des bombardements, comme cette station de métro.

    PHOTO ALKIS KONSTANTINIDIS, REUTERS

    À Kharviv, de nombreuses personnes sont encore contraintes de se loger dans des endroits à l’abris des bombardements, comme cette station de métro.

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Marioupol, ville martyre, constamment bombardée et où plus de 10 000 civils auraient déjà perdu la vie – selon les estimations du maire de la ville lundi –, est un port stratégique. Sa capitulation permettra à la Russie de contrôler toute la côte dans le sud-est du pays.

Utilisation d’armes chimiques par la Russie ?

Le Royaume-Uni tentait lundi de vérifier des informations sur la possible utilisation d’armes chimiques en Ukraine par les forces russes à Marioupol, selon la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss.

Toute utilisation de ce type d’armes « constituerait une escalade brutale dans ce conflit et nous demanderons des comptes au [président russe Vladimir] Poutine et à son régime », a-t-elle gazouillé.

L’accusation est venue du régiment ukrainien Azov, retranché à Marioupol, qui a affirmé sur la messagerie Telegram qu’un drone russe avait largué une « substance toxique » sur des soldats et civils. Plusieurs personnes auraient par la suite commencé à souffrir de troubles respiratoires et neurologiques.

L’Agence France-Presse n’avait pas été en mesure de vérifier ces affirmations lundi. Les armes chimiques sont interdites par une Convention de l’Organisation des Nations unies (ONU) depuis 1997.

Une offensive majeure se prépare aussi dans l’est du pays : des analystes estiment que Vladimir Poutine veut obtenir une victoire avant le défilé militaire du 9 mai, qui marque la victoire soviétique sur les nazis.

Les deux tiers des enfants ukrainiens déplacés

Ce sont 4,8 millions des 7,5 millions d’enfants ukrainiens qui ont fui leur foyer depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, a annoncé l’UNICEF lundi. Manuel Fontaine, directeur des programmes d’urgence, a affirmé qu’un tel nombre de déplacés en si peu de temps était une première en 31 ans de carrière.

Des allégations d’enlèvements d’enfants pour les amener en Russie ont aussi été faites par l’ambassadeur d’Ukraine en Russie, Sergiy Kyslytsya, qui soutient que 121 000 enfants se sont ainsi retrouvés de l’autre côté de la frontière. La Russie aurait même rédigé un projet de loi pour simplifier les procédures d’adoption des orphelins ukrainiens. Ces informations ont été relayées à l’UNICEF, qui n’a pas pu faire les vérifications nécessaires sur la question jusqu’à présent.

Les violences sexuelles sont par ailleurs de plus en plus dénoncées, notamment aux frontières avec les pays limitrophes, où les risques de traite humaine sont importants, a indiqué Sima Bahous, directrice d’ONU Femmes.

La chaîne britannique BBC a rapporté lundi le témoignage poignant d’une Ukrainienne s’étant fait violer dans la région de Kyiv, tandis que son mari se faisait tirer. L’ambassadeur d’Ukraine a affirmé que le bureau du procureur du pays avait identifié l’assaillant pour une histoire semblable, et qu’une enquête était en cours.

Lisez « Ukraine conflict : “Russian soldiers raped me and killed my husband” » (en anglais)

Sanctions et diplomatie

Le gouvernement canadien a annoncé lundi de nouvelles sanctions contre la Russie, incluant des gels d’avoirs et des interdictions de transactions pour 33 entités, dont l’Institut de physique et de technologie de Moscou.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a aussi déclaré que la Russie n’avait plus sa place au prochain sommet du G20, prévu à Bali, en Indonésie, en novembre.

Sur le plan diplomatique, le chancelier d’Autriche, Karl Nehammer, premier responsable européen à se rendre à Moscou, a rencontré le président russe Vladimir Poutine et s’est dit « pessimiste » face à sa « logique de guerre ».

Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’Union européenne, a aussi accusé lundi la Russie de « provoquer la faim dans le monde » avec la guerre en Ukraine, en détruisant les stocks de blé et en empêchant de l’exporter.

L’ambassadrice désignée de l’Ukraine au Canada en visite à Montréal

À peine sortie de la guerre, la nouvelle ambassadrice désignée de l’Ukraine au Canada, Yulia Kovaliv, a rencontré les bénévoles de l’église catholique ukrainienne Saint-Michel-Archange à Montréal lundi soir. Son but : s’assurer que l’aide humanitaire se rende sur le terrain en Ukraine… le plus vite possible.

Auparavant cheffe adjointe du cabinet du président ukrainien Volodymyr Zelensky, Yulia Kovaliv a été désignée ambassadrice du Canada par décret le 10 mars dernier. Elle a elle-même quitté l’Ukraine en guerre, passant par la Pologne, a-t-elle confié aux bénévoles et diplomates assemblés dans l’église ukrainienne de la rue D’Iberville à Montréal.

« Mon but, c’est de remercier tous les gens et les bénévoles pour leur travail et leur soutien humanitaire, a-t-elle déclaré à La Presse. Parce que c’est précieux. » Les bénévoles de cette église, comme plusieurs autres à Montréal, amassent des dons depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie pour les acheminer sur le terrain. « L’ambassade ukrainienne est engagée à leur offrir le soutien logistique pour que l’aide humanitaire soit délivrée dans un temps opportun », a-t-elle renchéri.

Plusieurs autres diplomates, dont Eugene Czolij, consul honoraire d’Ukraine à Montréal, de même que des membres du consulat de Pologne à Montréal, était par ailleurs présent pour accueillir Mme Kovaliv.