(Stockholm) Quatre avions de combat russes ont brièvement violé mercredi l’espace aérien suédois à l’est de l’île du Gotland en mer Baltique, a annoncé l’état-major, sur fond de tensions russo-occidentales liées à la guerre en Ukraine.

Publié le 2 mars
Agence France-Presse

« Dans le contexte actuel, nous prenons cet évènement très au sérieux. C’est une action irresponsable et non professionnelle du côté russe », a protesté l’armée suédoise dans un communiqué.

L’incident intervient après que la Suède a annoncé dimanche l’envoi de 5000 armes antichars et de matériel militaire à l’Ukraine, rompant pour la première fois depuis 1939 sa doctrine consistant à ne pas exporter des armes vers un pays en guerre.

Le ministre suédois de la Défense a dénoncé une incursion « complètement inacceptable ». « Cela va entraîner une prise de position diplomatique claire côté suédois », a averti Peter Hultqvist dans une déclaration écrite à l’AFP.

Ce sont deux chasseurs Soukhoï Su-27 et deux Soukhoï Su-24, spécialisés dans les attaques au sol, qui ont violé l’espace aérien, et des avions suédois Gripen ont pu documenter les faits, selon l’armée suédoise.

« Cela montre que notre préparation est bonne. Nous sommes sur place pour assurer l’intégrité territoriale et les frontières suédoises », a fait valoir l’état-major.

Des incidents autour de l’île du Gotland, alors que la Suède n’a pas la protection de l’article 5 d’assistance mutuelle de l’OTAN, sont évoqués par des analystes comme autant d’hypothèses d’escalade entre la Russie et l’Europe.

Des manœuvres communes avec des avions de combat finlandais avaient lieu ce mercredi à cet endroit, en présence des ministres suédois et finlandais de la Défense.  

Cette île d’environ 60 000 habitants, qui a une position stratégique en pleine mer Baltique et se trouve à un peu plus 300 kilomètres de l’enclave russe de Kaliningrad, avait accueilli des renforts suédois en janvier, au moment des premières tensions à propos de l’Ukraine.

La Suède comme la Finlande, partenaires de l’OTAN, mais officiellement non alignées, ont vu le débat sur leur adhésion à cette organisation relancé par l’invasion russe de l’Ukraine.

La Russie avait réaffirmé vendredi, au lendemain du début de l’offensive de son armée, qu’une adhésion d’un ou des deux pays « aurait des répercussions militaires et politiques graves ».

Des violations par des avions russes des espaces aériens suédois et finlandais surviennent ponctuellement, mais restent rares.