(Bruxelles) Les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont proposé à Moscou des mesures de contrôle des armements et de rétablissement de la confiance pour écarter la menace d’une nouvelle offensive russe en Ukraine, selon des documents publiés mercredi par le journal espagnol El Pais.

Publié le 2 février
Agence France-Presse

A Washington, le département d’État a confirmé l’authenticité de ces documents.

Ces propositions, présentées dans des lettres de l’OTAN et des Américains envoyées la semaine dernière en réponse aux demandes russes, martèlent que l’Ukraine ou tout autre pays souverain a le droit de demander à rejoindre l’Alliance atlantique.

ASSOCIATED PRESS

Cette photo diffusée le gouvernement russe le mercredi 2 février 2022 montre des soldats russes à l’entraînement en Russie. L’armée russe a lancé une série d’exercices non loin de l’Ukraine, suscitant des tensions avec l'Occident.

La réponse américaine suggère la prise d’« engagements réciproques de la part des États-Unis et de la Russie de ne pas déployer des systèmes terrestres de lancement de missiles offensifs et des forces permanentes chargées de combattre sur le territoire ukrainien ».

Washington y propose aussi que Moscou inspecte certaines infrastructures militaires qui l’inquiètent en Europe.

Les États-Unis se disent également prêts à discuter de l’« indivisibilité de la sécurité ». Le Kremlin se fonde sur ce concept pour réclamer un recul de l’OTAN de son voisinage, arguant que la sécurité des uns ne peut se faire aux dépens de celle d’autres, en dépit du droit de chaque État, et donc de l’Ukraine, à choisir ses alliances.

Washington et l’OTAN demandent à la Russie de renouer des liens diplomatiques avec l’Alliance et de renégocier et renouveler avec les États-Unis les traités de contrôle des missiles nucléaires.

Moscou est également invité à réutiliser le Conseil OTAN-Russie, un organe diplomatique « qui offre le dialogue et le partenariat à la place du conflit et de la défiance », selon les lettres.

« Nous n’avions pas rendu ces documents publics, mais maintenant qu’ils le sont, nous pouvons confirmer ce que nous avons toujours dit, c’est-à-dire que nous sommes unis avec nos alliés de l’OTAN dans notre détermination à engager un dialogue diplomatique ouvert, constructif et sérieux », a dit le porte-parole du département d’État américain Ned Price.

« Vous pouvez probablement déduire de ces documents qu’ils ont été étroitement coordonnés », a-t-il ajouté, assurant que leur publication n’était pas de nature à semer la discorde entre Washington et ses alliés européens.

L’OTAN n’a pas souhaité faire de commentaire, pas plus que le Kremlin, qui prépare actuellement sa propre réponse formelle à ces propositions.

La Russie a massé depuis fin 2021 jusqu’à 100 000 soldats à la frontière avec l’Ukraine, selon les Occidentaux, qui accusent Moscou de se préparer à attaquer ce pays.

Moscou nie tout projet en ce sens, tout en réclamant des garanties écrites pour sa sécurité, dont le rejet d’une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et la fin du renforcement militaire de l’Alliance atlantique à l’Est, notamment dans les ex-républiques soviétiques.

Les alliés occidentaux ont écarté tout retrait de l’OTAN à l’Est, tout en appelant dans leur lettre à « des discussions sincères à propos du contrôle des armes » et à un dialogue avec la Russie fondé sur « la transparence mutuelle et des mesures de rétablissement de la confiance ».

« Aucun autre partenaire n’a eu de telles propositions », ajoutent les alliés.

Bien que la Russie ait « rompu la confiance » et menace « les principes fondamentaux de l’architecture de sécurité euro-atlantique », « nous sommes prêts à étudier des arrangements ou des accords » avec elle, y compris des documents écrits et signés, pour « répondre à nos inquiétudes sécuritaires respectives », écrivent-ils.

Washington et l’OTAN préviennent toutefois qu’ils renforceront leurs positions défensives dans la région en cas d’« augmentation du déploiement russe » ou « de nouvelle agression contre l’Ukraine ».