(Paris) Les candidats de droite et d’extrême droite à la présidentielle se sont livrés mercredi à une compétition sur la sécurité, chacun promettant d’éradiquer avec « fermeté » la délinquance, en luttant d’abord contre l’immigration.

Publié le 2 février
Sylvie MALIGORNE Agence France-Presse

Devant un parterre de policiers du syndicat Alliance (classé à droite), la candidate du parti Les Républicains Valérie Pécresse, celle du Rassemblement national Marine Le Pen et celui du parti Reconquête Éric Zemmour ont déroulé, chacun son tour, leur programme.

Les candidats de gauche la socialiste Anne Hidalgo, le vert Yannick Jadot, le communiste Roussel et Christiane Taubira avaient décliné l’invitation.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, chef du parti d’extrême gauche La France insoumise. il n’avait pas été invité par le syndicat des policiers, qui lui reproche « d’attiser la haine anti-flic ».

Si bien que ce « grand oral » a donné lieu à une sorte de surenchère entre Mme Pécresse, Le Pen et M. Zemmour.

Le message du syndicat Alliance selon lequel « le problème de la police, c’est la justice », a trouvé des oreilles attentives auprès des trois candidats. Tous ont dénoncé « une culture de l’excuse » au gouvernement (Mme Pécresse) ou chez des magistrats (Mme Le Pen, M. Zemmour).

La candidate LR a promis pour la Justice un budget en hausse de « 50 % sur 5 ans », et la candidate RN une loi de programmation et d’orientation pour la police et de la justice dotée de « 7,5 milliards d’euros supplémentaires en 5 ans ».

Réduire l’immigration

Tous ont vilipendé l’immigration, cause de nombreux maux à leurs yeux.

Faisant un « lien entre immigration et terrorisme », Mme Pécresse a préconisé l’instauration de quotas, une expulsion des détenus étrangers vers leur pays d’origine pour y purger leur peine, et « zéro visa » pour les ressortissants de pays qui refusent de reprendre leurs immigrés clandestins.

Éric Zemmour, qui promet une « immigration zéro » et fait de cet objectif « la mère de toutes les batailles », veut expulser les mineurs isolés, ainsi que les détenus étrangers, supprimer le juge des libertés et de la détention qui joue « un rôle néfaste dans les procédures » et construire « 10 000 places de prison ».

PHOTO JULIEN DE ROSA, AGENCE FRANCE-PRESSE

Éric Zemmour a estimé que les policiers étaient « aux premières loges d’un conflit de civilisation qui s’est répandu sur notre sol ». Pour lui, il y a « un continuum entre délinquants du quotidien et djihadistes ». « Il faut que la peur change de camp », a-t-il lancé.  

Il entend, en outre, supprimer les allocations familiales aux parents de mineurs délinquants et les expulser de leur logement HLM, lorsqu’ils y vivent.

Protéger les policiers

Mme Pécresse a promis un an de prison ferme si « on touche à un policier ou un gendarme », une peine automatique qui nécessiterait une révision de la Constitution.

De son côté, Marine Le Pen propose que les peines de prison infligées pour « des atteintes physiques à un policier, à un gendarme » ne puissent plus être réduites pour bonne conduite : Si « c’est six mois, (c’est) six mois. On fera six mois », a-t-elle poursuivi.

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La candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, a promis « de passer à une fermeté totale ».

Tous ont soutenu un retour aux peines minimales. Mme Le Pen a fait valoir que ce n’était pas « anti-constitutionnel » puisque le magistrat peut décider d’une peine inférieure, mais, a-t-elle dit, dans ce cas, il est tenu d’en donner les raisons.

Éric Zemmour a estimé que les policiers étaient « aux premières loges d’un conflit de civilisation qui s’est répandu sur notre sol ». Pour lui, il y a « un continuum entre délinquants du quotidien et djihadistes ». « Il faut que la peur change de camp », a lancé M. Zemmour.

La candidate du RN Mme Le Pen, a promis pour sa part « de passer à une fermeté totale » et Mme Pécresse, de LR, « de ramener l’ordre dans le pays ».

Les trois ont évoqué les suicides de policiers (12 depuis le début de l’année) et promis de prendre ce problème à bras le corps.  

Enfin, chacun s’est engagé à revoir les conditions d’exercice de « la légitime défense » pour les policiers, en l’assouplissant.

Macron a envoyé un ministre

Pour le parti au pouvoir, La République en marche, c’est le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui a planché, le président Emmanuel Macron n’ayant pas encore fait officiellement acte de candidature.  

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Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a défendu le bilan du président Emmanuel Macron.

Le propos du ministre a donc consisté en une défense du bilan du chef de l’État et du projet de loi de programmation et d’orientation du ministère de l’Intérieur pour les cinq ans à venir, doté de 15 milliards d’euros supplémentaires.